Poursuivant sa logique de piétonnisation de l’hypercentre, la ville de Dijon a débuté en février la tranche de travaux de l’axe rue Charrue, place Jean-Macé et rue Piron. L’occasion d’un sondage BP ESt / David Lanaud du Gray 100 % féminin afin de connaître le point de vue des Dijonnaises sur ces transformations de fond. Une évolution plutôt bien accueillie dans l’ensemble.

3 dijonnaises sur 4 se disent satisfaites de l’espace piétonnier actuel, et 61 % sont convaincues que son agrandissement prochain les incitera à le fréquenter plus assidûment. Pas un total consensus, donc, mais une belle et large majorité qui ne peut qu’inciter la Ville à être satisfaite de ses choix d’urbanisation au centre-ville.

Vous êtes en revanche près de la moitié à penser que cette politique de piétonnisation peut « faire fuir les clients, qui se tourneront vers les centres commerciaux plus accessibles en voiture ». La problématique de l’accès automobile est d’ailleurs au cœur du débat, à travers les parkings souterrains que 24 % d’entre vous disent éviter quand 40 % avouent ne les fréquenter que lorsque il n’y a plus de places extérieures. Habitude, quand tu nous tiens…

dldg-sondageSondage réalisé par BP Est / David Lanaud du Gray auprès d’un échantillon de 1452 femmes âgées de 18 ans et plus, habitant Dijon ou une commune du Grand Dijon et de son agglomération, représentatif de la population de plus de 18 ans, interrogées en ligne selon la méthode des quotas (âge, sexe, profession du chef de ménage).

 
 

BP Est Terrain d’Études
6 rue du Dr Maret, 21000 Dijon
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Question 1
Pour vous, dans le centre-ville de Dijon, les espaces piétonniers sont ?

  • Insuffisants : 20 %.
  • Suffisants : 74 %.
  • Trop nombreux : 6 %.

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Question 2
L’agrandissement prochain de l’espace piétonnier au centre-ville de Dijon est pour vous :

  • Un plus qui m’incitera à aller de plus en plus au centre-ville, c’est tellement agréable : 61 %
  • Un mauvais point qui m’amènera à moins aller au centre-ville, car on ne peut plus circuler en voiture : 35 %
  • Je m’en moque, je n’y vais pas et je n’irai pas : 4 %

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Question 3
Les espaces piétonniers vont :

  • Augmenter le flux de clients potentiels pour les commerçants du centre-ville : 40 %
  • Faire fuir les clients, qui se tourneront vers les centres commerciaux plus accessibles en voiture : 46 %
  • Ne rien changer : 14 %

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Question 4
Les parkings souterrains sont pour vous :

  • Parfaits, c’est pratique et on évite les PV : 36 %
  • J’y vais de temps en temps, mais seulement quand je ne trouve pas de place extérieure : 40 %
  • Je ne supporte pas ces parkings, je les trouve austères : 24 %

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Question 5
Trouvez-vous qu’avec l’agrandissement de l’espace piétonnier, le centre-ville de Dijon sera :

  • Encore plus beau qu’avant, et cela le revitalisera : 48 %
  • Une fausse bonne idée, qui en fait un musée à ciel ouvert mais sans vie : 27 %
  • Ça ne changera pas grand-chose au fond : 25 %

Tout roule ou presque…


tout-roule

La piétonnisation d’un secteur supplémentaire du centre-ville est l’assurance d’alimenter les débats. À Dijon, un consensus semble se dégager, tant du côté politique que des commerçants, à une nuance près : l’usage de l’automobile.

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Redonner aux riverains un centre-ville plus doux. Derrière cette volonté de la municipalité dijonnaise que représente Nathalie Koenders (ici en compagnie de Gilles et Paco du Concept store de la Raffinerie), il y a la réalité des chantiers à mener et de la concertation à conduire.


«Quand on gère une municipalité, il faut s’occuper du quotidien des gens mais aussi avoir une vision a long terme pour sa ville. L’objectif est bel et bien de rendre le centre ville plus attractif et apaisé.»

Nathalie Koenders, première adjointe auprès du maire de Dijon, semble très investie dans ce projet de piétonnisation. «Pour les commerces, poursuit-elle, cela augmente de manière sensible l’attractivité grâce à un flux plus important et des conditions optimum pour le shopping. » Point moins souvent évoqué, il s’agit aussi de « redonner aux riverains un centre-ville plus doux à vivre, avec une diminution de la pollution atmosphérique et du bruit. Une démarche volontariste de notre part, qui me semble vertueuse pour attirer les familles à revenir vivre au centre-ville. Car ce sont elles aussi les premières clientes du centre. » Exemple concret, la rue de la Liberté : « Avant sa piétonnisation, presque plus personne n’y habitait, depuis, c’est redevenu un secteur convoité. »

L’automobile ne semble donc plus la bienvenue dans l’hypercentre. « Notre objectif est de trouver le bon équilibre entre les piétons, les vélos, les transports en commun et l’automobile, mais plus pour les riverains. » Denis Favier, président de la fédération des commerçants Shop in Dijon, est cependant un peu circonspect sur ce point : « Il ne faut pas oublier que les clients au pouvoir d’achat le plus important viennent au centre-ville en voiture. Ce n’est pas une vue de l’esprit mais une réalité factuelle. Même si on mettait un tapis roulant en bas de chaque domicile jusqu’au centre-ville, certains prendraient encore leur voiture. Donc, oui à la piétonnisation, mais, s’il vous plaît, laissons les Dijonnais et les personnes habitant en dehors de Dijon pénétrer le centre-ville. »

Avec la diminution des places en plein air, l’utilité de nombreux parkings souterrains du centre-ville prend donc toute son importance. Nathalie Kœnders est là aussi très claire : « C’est à nous d’améliorer la communication et la signalisation de ces parkings. D’autant plus qu’ils sont pratiques et peu coûteux grâce aux tickets commerçants offerts par ceux-ci. Un travail va même être fait autour de l’éclairage et de leur ambiance globale, afin que les usagers, et notamment les femmes, s’y sentent totalement sécurisés. »

On peut noter qu’à part cette question de l’automobile, tout semble bien rouler vers un consensus autour de la piétonnisation dont les travaux ont débuté fin février pour les rues Piron et Charrue et pour les places Jean-Macé et des Cordeliers. Denis Favier se dit d’ailleurs convaincu que « cet axe n’était que des rues de transition pour aller de la rue Chabot-Charny en direction de la gare. La plus-value pour les commerçants de ce flux de voitures était inexistante ».

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Denis Favier voit d’un bon œil cette avancée au profit du « tout piéton ». Sans pour autant faire fuir les clients qui viennent de l’extérieur en voiture et qui « véhiculent » un important pouvoir d’achat.

Leur piétonnisation se fait dans la continuité de celle de la rue du Bourg, qui en profite pour voir son revêtement totalement rénové. Elle est, de ce fait, « naturelle et dans l’air du temps ; nos adhérents de ce secteur sont optimistes pour l’avenir ». Reste le risque de baisse du chiffre d’affaires pendant les travaux, « surtout dans une période où la trésorerie des commerçants est souvent exsangue. C’est notamment pour cela que nous mettons en place plusieurs jeux et opérations sur le secteur, afin de soutenir son attractivité. »

Bonne nouvelle, la période de travaux sera courte : la rue Piron sera achevée fin avril. « Certes, mais elle reste très dangereuse économiquement pour certains », tempère le président de Shop in Dijon. Nathalie Kœnders maintient quant à elle son optimisme et se félicite « des nombreuses nouvelles enseignes qui viennent d’ouvrir, dont Lunn, ou, tout prochainement, Serge Blanco ». Fin complète des travaux prévue mi-août. Pour la renaissance d’un axe commerçant historique de la ville ?

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