Passées 1968 et la « libération de la femme », on fantasmait sur une parfaite égalité des sexes. Erreur ! Sans jouer les féministes effarouchées, ces dames sont toujours moins bien payées et le sexisme, sournois ou assumé, est souvent leur lot quotidien. Petit florilège des pires profils, en Bourgogne-Franche- Comté et ailleurs… et les répliques possibles.

Ninon Niwi illustrations : Aurélie Magnan
La chronique de Ninon Niwi –  Illustrations : Aurélie Magnan

LE BLAIREAU DU QUOTIDIEN


Lui, c’est celui qui fait des compliments salaces. Tout le temps. Même si tu es habillée de la manière la plus neutre possible. Le collègue franchement lourd, qui « n’arrive pas à travailler parce qu’il fait trop chaud » car tu as mis une robe avec un décolleté discret pour venir au bureau. Ben mon coco, faut boire de l’eau !


LE CHEF CHIANT


Le gentil patron qui avoue ouvertement qu’il ne reçoit que les plus jolies en entretien. Ou qui te renvoie dans tes 22 quand tu prends la parole sur un dossier en réunion. Pas cool ! Les plus vicieux, et ils sont heureusement rares, organiseront des réunions à 18h juste pour que tu n’y sois pas car tu as des enfants à récupérer. Pas cool non plus ça, patron !


LE COLLÈGUE DOUTEUX


Forcément, il va émettre quelques doutes sur la manière dont tu as obtenu une augmentation ou une évolution de poste (évidemment en couchant). Puis il viendra te parler toujours très tard, quand tu es seule. En posant son postérieur sur le coin de ton bureau. C’est un peu trop intime ça, cher collègue ! Pas besoin d’avoir une vue plongeante pour me parler de ta passion pour le squash, si ? Il paraît que « sur un malentendu, ça peut marcher ». Certains y croient dur comme fer…


LE GROS COPIEUR


En réunion, tu amènes discrètement (car tu es une femme, tu as moins l’habitude de t’imposer) une idée, une amélioration sur un projet. Et tu réaliseras que ton collègue, presque inconsciemment mais avec beaucoup d’allant, t’interrompt, rebondit sur ton idée sans te laisser la terminer. Pour au final la reformuler et se l’attribuer. Hé ho ! Et les droits d’auteur !

Working girl Niwi Ninon - Femmes en Bourgogne


CELUI QUI SAIT MIEUX QUE TOI


Tu es une femme. Il en a une, et les filles qui vont avec. Il connaît donc bien les femmes ! Il connaît aussi la manière dont la société doit être régie, et ce n’est pas une « petite bonne femme » comme toi qui va lui apprendre la vie. Alors il va t’expliquer ce que tu dois penser, si possible devant tout le monde. C’est ce qu’on appelle du « mansplaining », ou « mecsplication », un terme récent pour un comportement qui ne date pas d’hier. Il peut associer le fait de t’interrompre systématiquement en public : du « manterrupting », dont on a vu quelques exemples lors de la dernière campagne des élections américaines. Sacré Donald…

Solidaires, les filles !

Les femmes de l’équipe de Barack Obama ont trouvé une parade : dès que l’une d’entre elles soumet une idée et se fait couper la parole, une autre souligne cette idée en l’attribuant : « Comme l’a très bien dit Gertrude, il serait bien de… ». Vous voyez l’esprit. Si ça marche à la Maison-Blanche, ça doit marcher dans les bureaux dijonnais, beaunois ou chalonnais ! Bref, soyez solidaires les filles !


Bref, les profils pénibles ne manquent pas. Chaque « working girl » aura un exemple à donner. Cela s’appelle du harcèlement ou de la discrimination, c’est puni par la loi même si c’est encore difficile à prouver. On va un peu vous décevoir, mais il n’y a pas de remède miracle à cela. Simplement des postures pour se défendre : reformuler ou répéter à voix haute la réflexion pour que la personne se rende compte de son énormité ou que d’autres l’entendent, être attentive, se serrer les coudes entre femmes (les hommes le font très bien entre eux), trouver des allié(e)s, connaître la loi… Mais surtout, et sans voir le mal partout, refuser ce genre de situations.


ILS LUTTENT CONTRE LE SEXISME

Les réseaux de femmes en Bourgogne, pour commencer : Créez comme Elles à Sens (89), Jeudi au Féminin dans l’Yonne, K’elles Energies (21), la Table Carrée (21), Au Pôle Femmes GGPME (71), Femmes et Vins de Bourgogne (21), Connecting WoMen Agency, Les Entrepreneuses, Le Zonta Club dijonnais…

CHAPEAU MESSIEURS !

Paye ton Taf : la déclinaison « pro » du fameux Paye ta Schneck, qui rassemble depuis 2012 les témoignages du harcèlement de rue quotidien. Déclinés aussi en Chaire Collaboratrice pour les femmes en politique et Paye ta robe pour les avocates, ces sites ont permis de libérer la parole de femmes confrontées au sexisme, de leur faire comprendre qu’elles n’étaient pas seules… Il existe aussi Jamais sans Elles, un collectif qui refuse de siéger à des événements si aucune femme n’y participe. Il y a aussi des collectifs d’hommes ! Mercredi C Papa et les HappyMen, sont les fiers défenseurs de la cause féminine. Chapeau, messieurs.

Partages
0

Vous aimerez peut-être aussi