Depuis vingt-deux ans qu’elle exerce son métier aux cinémas Darcy et Olympia à Dijon, Sarah Gernay le maîtrise sur le bout des doigts. Responsable de caisses, elle a connu les tickets à délivrer manuellement, vécu les transformations informatiques et l’arrivée des achats en ligne. Rencontre hors champ.

Par Hélène Le Héno

Photo : Christophe Remondière

 

Tout a commencé avec un job d’été. En 1993, Sarah Gernay, jeune bachelière, cherche un emploi de saison. Ce sera aux cinémas Devosges et à la Grande Taverne, deux mois comme caissière-ouvreuse. Partie vivre ensuite à Londres, elle revient l’année suivante suivre un DEUG d’anglais à l’université de Bourgogne. Pour financer ses études, elle intègre en 1995 l’équipe de l’ABC, rue du Chapeau Rouge, aussi comme caissière. Vingt-deux ans plus tard, l’établissement a fermé, mais Sarah officie toujours dans les cinémas Darcy et Olympia, appartenant au même groupe familial. Depuis 2007, elle a pris la responsabilité des caisses et, dans la foulée, a étoffé ses fonctions.

Champs-contrechamps

Côté face, Sarah Gernay est l’un des visages qui accueille les clients à leur arrivée. Caissière, elle délivre les places de cinéma, encaisse les recettes, vend et gère le stock des confiseries.

Côté pile, en tant que responsable de caisses, elle exerce différentes fonctions administratives et financières. Elle assure la tenue hebdomadaire des documents comptables liés à l’activité des caisses. Elle édite les bordereaux qui permettent au CNC (le Centre National du Cinéma) de calculer le nombre d’entrées et les recettes de chaque film. Elle s’occupe des recrutements et des formations du personnel (au total, quinze personnes travaillent à temps plein sur les deux établissements). Elle établit les plannings des salariés et gère la programmation informatique des salles et des tarifs. Elle aide aussi à l’organisation des évènements et participe à leur animation. Un poste polyvalent que cette dynamique dijonnaise de quarante-trois assume avec sérieux et rigueur.

Profondeur de champ

Pour cette férue de films d’auteur, qui a passé plus de la moitié de sa vie à travailler dans un cinéma, le métier de caissière a évolué avec les nouvelles technologies. « J’ai connu la période « manuelle », celle des tickets en rouleau à détacher et à remettre à chaque client, celle des cahiers de caisse et des calculettes pour établir le nombre des entrées. Puis, l’informatique est arrivée au début des années 2000. C’est une belle avancée et un gain en rapidité. Pour le client qui accède plus facilement à la salle et pour la caissière dont la comptabilité est plus sécurisée », constate la professionnelle.

Avec la mise en place du site Internet il y a sept ans, d’autres avantages sont apparus, comme la possibilité pour les internautes de consulter le programme et d’acheter leurs billets en ligne. « En revanche, les achats en ligne peuvent ralentir le contrôle des tickets à l’entrée, notamment ceux des tarifs réduits, pas toujours pris à bon escient », minore la responsable des caisses qui regrette le contact avec les cinéphiles. « J’aime le contact avec les clients, avant le film pour répondre à leurs questions, ou après la séance pour recueillir leurs impressions. Au fil du temps, les habitués me reconnaissent et me saluent dans la rue. Certains même sont devenus des amis », se réjouit Sarah Gernay, qui espère qu’elle n’assistera pas au clap de fin du cinéma à visage humain pour le tout automatique.

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