La reprise d’affaires par des femmes se fait encore trop rare. Comment l’expliquer ?
A contrario, quels sont les ressorts de celles qui osent ?
Le point en parcours et en témoignages avec L’IFORE, l’association spécialisée dans la transmission et la reprise d’entreprises en Bourgogne – Franche-Comté.

Confrontées à un milieu du patronat encore très masculin, les femmes ont tendance à chercher des références, des exemples. Elles désirent s’appuyer sur une marraine, veulent savoir comment font les autres, s’interrogent par exemple sur les enfants et la famille. Mais il n’y a pas de profil type, pas de parcours tout tracé, juste une histoire de femme, une étape, un rêve, une envie, un ras-le-bol, un besoin de changement… Bref, un moment où il faut oser entreprendre.

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L’amour du risque

Nathalie RIGAL, agence RIGAL

Un BTS en poche, elle passe une maîtrise d’économie gestion en cours du soir tandis qu’elle vit des petits boulots la journée. Un papa cadre, une maman au foyer, rien ne la prédestinait à entreprendre.
Et pourtant…

Cadre dans une compagnie d’assurances, elle rencontre son mari au travail, cadre lui aussi. Elle a 34 ans et l’impression d’avoir fait le tour. Elle a l’expérience et les compétences et se sent prête à faire le grand saut. Elle décide donc de se lancer avec son mari.
Ils reprennent une agence à Dijon, l’agence RIGAL. Nathalie ne sera pas « femme de », mais bien associée complémentaire. Deux vrais agents avec pour mission d’assurer. La même envie, le même statut, les mêmes ambitions et le même lit !
Maman d’une petite fille de 3 ans quand elle a repris, sa maternité a été pour elle une vraie force dans son projet entrepreneurial.

Son conseil :
« Transformer les contraintes apparentes en opportunités. »

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Tout plaquer pour entreprendre

Laurence MENEGON, L’ENCADREUR

Prof d’anglais sans avoir la moyenne en anglais au bac, c’est possible !C’est l’histoire de Laurence, jeune artiste rebelle qui a eu un déclic après le bac et qui est devenue prof d’anglais. Mariée, quatre enfants, Éducation nationale : une vie toute tracée.

Quand elle n’enseigne pas l’anglais, Laurence a une passion : l’encadrement. Elle en fait une petite activité en autoentrepreneur à côté des cours. Peu à peu, elle commence à sentir qu’elle ne s’épanouit plus dans son travail, dans sa classe. Difficile alors d’entendre son entourage voir en elle une vie parfaite. Un rallye et ça repart ! Pour faire bouger les choses, elle se lance un défi : faire le Rallye des Gazelles.

À son retour, tout s’accélère. Le « oser » a fait son chemin et elle décide de quitter l’enseignement pour reprendre le magasin l’Encadreur. Aujourd’hui quand on lui demande si elle regrette sa vie d’avant, sa réponse est claire : « Ah non ! Même si je ne sais plus ce que c’est d’avoir des vacances, je suis heureuse et je m’éclate ». Elle a élevé ses quatre enfants et a désormais envie de penser à elle. Son dernier challenge en date : refaire le magasin. Un coup de neuf, une touche de Laurence…

Son conseil :
« Ne vous préoccupez pas des bien-pensants, faites-vous confiance et écoutez-vous. Une fois que vous le sentez, c’est que c’est le bon moment. »

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Loin d’être un manche

Julie Jacquenet, entreprise Jacquenet Malin

Julie Jacquenet reprend peu à peu l’entreprise familiale pour en être la 5e génération, « une vraie fierté ». Après un BTS action commerciale et une école de commerce à Nevers, la logique s’est imposée d’elle-même pour cette trentenaire dynamique : le manche était son avenir. « Je suis née dedans, j’ai toujours voulu faire ça. » Aux côtés de son père Bruno, qui prépare sûrement un départ futur, elle dirige l’entreprise en se chargeant du management et de l’aspect commercial tandis que son père s’implique dans la recherche et le développement. « On travaille en binôme, il m’apporte l’expérience que je n’ai pas et moi je me charge de l’optimisme. Ça se passe plutôt bien. »

Avant d’occuper ce poste, Julie a passé dix ans à faire ses preuves et à acquérir l’expérience. « C’était important pour comprendre les salariés et leurs postes de travail, mais aussi la façon de fabriquer notre produit. » Aujourd’hui, Julie garde son enthousiasme, n’a aucun regret et a su faire sa place dans ce métier masculin qu’est la fabrication de manche à outils. « Le plus dur reste de gérer la vie de famille avec deux enfants, la vie professionnelle à la direction et la vie associative puisque je m’implique dans la jeune chambre économique. » Selon elle, le succès dépend
simplement des gens qui nous entourent : « une bonne équipe au travail ainsi qu’un conjoint et une famille qui nous soutiennent », c’est pas plus compliqué que ça !

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