Le Cercle Dijon Bourgogne a retrouvé cette année l’élite nationale du handball. Figure emblématique de son équipe, Léa Terzi salue le côté « girly » de son club et déclare sa flamme à sa ville.

Née à Nîmes mais arrivée tout bébé à Dijon Léa Terzi se revendique dijonnaise de cœur. « C’était il y a 27 ans. Mon père [Pierre Terzi, Ndlr] était l’entraîneur du club. Si j’ai toujours voulu jouer en première division, ce n’était pas uniquement par ambition sportive, mais parce que je rêvais d’être entraînée par lui. » Mais si le papa s‘occupe désormais uniquement de la préparation physique, il reste une figure du CDB et continue de faire la fierté de sa fille. Une joueuse qui a su, année après année, s’imposer comme un élément incontournable de l’équipe et qui ne fait pas mystère de sa volonté de « jouer toute ma carrière à Dijon ».

Un attachement fort au CDB mais tout autant à la ville « que j’adore au point d’avoir créé il y a deux ans un blog, Les Dijonnaises, qui me permet de défendre Dijon et son attractivité. Avec deux amies, une férue de mode et une autre qui connaît absolument tous les restaurants du coin, on essaye de faire découvrir aux Dijonnaises la ville et ses bons plans. J’aime notamment l’hypercentre qui est de plus en plus joli et où j’adore me promener ».

Mais cette Léa qui n’a finalement vécu qu’à Dijon est-elle réellement objective ? « Je me suis posé la question et la réponse est venue de mes équipières dont certaines ont joué et vécu dans de nombreuses villes en France et dans le reste de l’Europe. Certaines arrivaient avec des a priori en pensant que c’était une ville vieillotte. Mais toutes finissent pas dire qu’elles sont ravies d’avoir découvert les charmes de la ville ainsi que ses richesses culturelles, ses offres de sorties et de shopping. Au point que certaines qui pensaient ne passer qu’une saison restent souvent plus longtemps au club ,voire jusqu’à la fin de leur carrière. »

La grossesse et le sport de haut niveau

cdb-feb1Une carrière de sportive de haut niveau ne peut pas toujours faire oublier d’autres attentes des femmes, à l’image de la grossesse. « C’est parfois un sujet tabou dans certains clubs. Tomber enceinte au cours d’une saison peut aller jusqu’à être perçu par certains dirigeants comme une trahison. » Au point qu’il est courant d’entendre dans certains clubs : « Ce n’est pas responsable, elle n’a pas pensé à l’équipe… » « C’est fou car cela devrait être reçu comme une bonne nouvelle, mais non, c’est presque assimilé à une blessure… » Léa retrouve pourtant le sourire en nous confiant ceci : « À Dijon, nous avons avec Christophe Maréchal un entraîneur qui n’a pas du tout cet état d’esprit, au point de nous avoir avoué un jour que son plus gros regret en tant qu’homme était de ne pas avoir connu la maternité ! ».

Et La reconversion ?

« J’avais depuis longtemps le souci de la reconversion, car nous n’avons pas forcément les salaires des joueurs de football ou de basket. J’avais peur de me retrouver à la fin de ma carrière sportive à 34 ou 35 ans avec un niveau de revenu équivalent à celui d’un étudiant à la fin de ses études.
J’ai vraiment eu de la chance, car du moment où j’ai décidé de travailler, cela s’est fait assez vite grâce à la Caisse d’Épargne où je travaille à mi-temps et qui accepte la particularité des horaires et du calendrier d’une joueuse de 1re division. Je crois que cela m’a libérée de plus avoir ce souci. Et que cela m’a rendue d’autant plus efficace sur le terrain ! »

 

Plus « glam’ » le CDB !

 

Fini le temps du maillot blanc et bleu un peu old school. Depuis plusieurs années, la communication du CDB, dirigée par Vincent Fournier, est clairement axée sur le côté « girly » assumé. Un choix qui n’a rien pour déplaire à notre fashionista, « d’autant qu’a Dijon, on ne tombe pas dans certains extrêmes comme on a pu le voir dans d’autres clubs. Je comprends que les dirigeants souhaitent jouer et mettre en avant certains atouts. La communication du CDB a vraiment progressé année après année, et cette touche de féminité mise en exergue me plaît, car elle nous met en valeur, le tout sans vulgarité ».
Et de conclure avec humour : « C’est quand même mieux qu’il y a vingt ans, époque où les joueuses avaient une image de camionneuses ».

 

 

 

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