Le DFCO féminin ne cache pas son ambition de rejoindre la première division, comme en témoigne l’arrivée, en mai dernier, d’Adeline Rousseau, ex-championne d’Europe des moins de 20 ans.

Pas vraiment une évidence pour une petite fille de jouer au football dès son plus jeune âge. Surtout quand, comme Adeline Rousseau, vous vivez à Cholet en plein cœur des années quatre-vingt-dix, plus baigné par l’imagerie du basket que de la balle au pied. « Je jouais tous les jours dans le jardin familial avec mon grand frère de deux ans mon aîné. J’ai voulu m’inscrire dans son club et sur un tournoi, il leur manquait un joueur. J’ai pris le poste au pied levé devant les sourires en coin des gamins ». Mais les railleries des « grands de 9 ans » stoppent vite devant l’aisance sur le terrain de la petite fille de sept ans, surtout après la victoire en finale de l’équipe d’Adeline.

D’entrée, la joueuse marque les esprits par sa présence physique et un vrai sens du jeu et du placement. Des qualités qu’Adeline a conservées et affinées année après année, mais, signe d’une grande maturité, elle n’oublie pas ses petites faiblesses : « Le manque de vitesse et quelques lacunes techniques. C’est ce qui m’a empêchée de passer certains paliers, plus jeune ».

Réalisme ou modestie extrême pour une joueuse qui, sous le maillot de l’équipe de France, a ­– excusez du peu – joué « deux coupes du monde et trois championnats d’Europe, dont celui que nous avons remporté en 2010 en Macédoine ».

Appels du pied

La maturité d’Adeline Rousseau frappe mais n’est pas forcément étonnante quand on sait qu’elle a dû quitter le cocon familial à 15 ans pour rejoindre le centre de formation de Clairefontaine. « J’étais très autonome et c’était vraiment une opportunité à saisir. Mes parents ne s’y sont jamais opposés même si c’était très dur pour ma mère de voir la petite dernière partir si jeune. »

En pleine adolescence, loin de se faire griser par les appels du pied de clubs prestigieux, elle décide de mettre la priorité sur ses études plutôt qu’au football. « Je sais que cela m’a pénalisée dans ma carrière. Comme lorsque j’ai choisi de faire une classe prépa à Nantes, qui m’amènera à jouer à La Roche sur-Yon, certes club de D1, mais qui n’était pas aussi prestigieux que celui de Juvisy que j’aurais pu rejoindre. » Si elle ressent parfois quelques regrets ne pas avoir pu, comme certaines de ses camarades, continuer en équipe de France alors qu’elle bûchait (Ndlr, jusqu’à un master 2), point de frustration toutefois pour Adeline, qui se donne comme objectif l’équipe de France B.

Savoir anticiper

La sagesse d’Adeline, son choix d’aller au bout de ses études cadrent parfaitement avec la philosophie du DFCO, « qui a un vrai projet sportif, mais aussi socio- professionnel. Le club accompagne les joueuses pour qu’elles aient un avenir professionnel ou pour qu’elles puissent rejoindre les entreprises partenaires. C’est vraiment important pour notre futur ». Et c’est à la Caisse d’Épargne de Bourgogne Franche-Comté, qui « joue le jeu avec des horaires adaptés, que je souhaite prendre mon envol professionnellement ».

Frustrée de devoir travailler quand les hommes gagnent parfois des fortunes ? « Il faut bien comprendre que le foot féminin n’en est qu’à ses débuts, mais tout va très vite et, d’ici cinq ans, on peut penser que tous les clubs qui ne sont pas attachés à une structure professionnelle vont disparaître. Au DFCO, on sent bien que les dirigeants anticipent ces grosses et rapides évolutions. »

On l’aura compris, Adeline se sent bien au DFCO, mais aussi à Dijon. « J’adore cette ville que je ne pensais pas aussi grande avant de la découvrir. Ce fut vraiment une belle surprise. Cela me motive d’autant plus à m’y installer pour longtemps. »

 

 

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