Plus artisan que commerçant, Jean-Luc Morizot redonne une nouvelle vie aux fourrures qu’on lui apporte. On pourrait inventer un mot pour lui : « recréateur ». Un savoir-faire de plus en plus rare, qui mérite d’être approché.

A Dijon, il fait partie des meubles. D’une nature affable et gourmande, Jean-Luc Morizot consacre autant d’énergie au partage et à la rencontre avec les autres qu’il en donne, avec son épouse, dans son échoppe (pour le coup, une judicieuse appellation). « Mes clientes savent dénicher des fourrures anciennes dans les friperies, les vide-greniers et même les placards, c’est tout l’intérêt de mon travail », plaide-t-il avec enthousiasme.

 

Les jeunes aussi

S’ils ne sont plus qu’une cinquantaine, en France, à exercer leur art, les artisans fourreurs continuent à faire des miracles en redonnant vie à ces fourrures usagées qu’ils découpent, travaillent et reconstruisent dans un esprit différent, plus en phase avec notre époque. Ce sont, en quelque sorte des « recréateurs ».

Un néologisme de bon aloi qu’il traduit en ces termes : « Je démonte complètement, je récupère les peaux et leur redonne une vie. » 40 ans d’expérience n’ont pas éteint la passion. « Finalement, je fais un métier qui n’existe presque plus, mais j’aurais passé ma vie à croiser des gens incroyables, car la clientèle qui s’intéresse à mon travail a globalement un certain niveau. »

Une clientèle parmi laquelle des jeunes aussi, qui redécouvrent l’attrait du poil et de la peau, en s’y approchant par les modèles d’entrée de gamme que sont les boas et les écharpes. A croire que la jeune génération est moins en froid avec le monde de la fourrure que les post soixante-huitards portés par un certain miltantisme écologiste. Jean-Luc Morizot travaille avec de la peau d’élevage : « Je n’ai jamais connu les peaux sauvages, les “sauvagines”. Je suis plus couturier que fourreur quelque part, et les peaux d’élevage offrent une grande régularité. L’élevage, c’est comme pour les grands crus de la Bourgogne, il faut savoir le traiter, le nourrir et le maîtriser. »

 

Le “docteur” Morizot

Aujourd’hui, une fourrure « ressuscitée » peut facilement valoir quelques milliers d’euros. C’est toute la valeur ajoutée d’un artisan qui, d’un modèle parfois dépassé mais encore sain, transforme l’essai et en fait un instrument de fierté pour qui le porte. La tendance, est ainsi au sport chic.

Les peaux lainées passent mieux dans les esprits aussi. C’en est donc fini de ces grosses fourrures démodées qui habitent encore notre imaginaire des années 50. Avec une constante pour toutes les époques : seule la qualité d’origine du bien en garantit la durabilité.

Face au désir et aux possibilités offertes, on vient voir l’artisan fourreur comme on va voir son médecin traitant. « La cliente nous consulte, poursuit le “docteur” Morizot, on fait un diagnostic de ce qu’elle nous présente, de la matière première, puis on opère… » Et là, croyez-le si vous en doutez encore, on a trouvé le meilleur des praticiens !

Jean-Luc Morizot
Artisan-Fourreur
24 rue Charrue, 21000 Dijon
Tél. : 06.07.78.60.04

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