Passionnée par la psychologie, la complexité de l’être humain et la compréhension de son évolution, Sonia Bahout a multiplié ses domaines d’expertise. Docteur en psycho clinique et psychopathologie, mais aussi psychothérapeute, hypnothérapeute, sophrologue, elle apporte également ses lumières sur les questions relatives à la sexologie, l’une de ses spécialités depuis 20ans.

SEXOLOGUE-feb2

Sonia Bahout fut la première à pratiquer la sexologie à Dijon. À une époque où il était encore délicat pour les gens d’assumer d’être suivis pour des problèmes ou des questionnements relatifs au sexe, elle a su mettre ses patients en confiance. « Les gens disaient être suivis par un psy. D’ailleurs, on commençait souvent par aborder des questions d’ordre général avant d’en arriver à la sexualité. »

Posant un regard scientifique sur un sujet souvent tabou, elle met de la distance et impose un cadre thérapeutique. Si on continue à solliciter ses précieux conseils, elle a pu constater, depuis quelques années, que certaines barrières étaient tombées. « On parle plus ouvertement de sexe, sans prendre le prétexte de la psychothérapie. Le fait d’aller voir un sexologue permet au patient d’oser plus facilement la question du sexe en thérapie. »

Hommes Femmes, mode d’emploi

Nous ne sommes pas tous égaux devant le sexe. Alors que l’on a enseigné aux hommes qu’ils pouvaient séduire et vivre une sexualité pour le plaisir, la femme, elle, a souvent été éduquée de façon plus bridée. « Malgré la révolution sexuelle et la libération des femmes au niveau social, professionnel, dans l’affirmation de soi, elles restent prisonnières des interdits et des préjugés qui portent une image négative sur la femme qui cherche le plaisir sexuel. »

Pour aller plus loin, le docteur Bahout précise que le plaisir de la femme est principalement émotionnel quand celui de l’homme est avant tout visuel, même si l’émotionnel trouve aussi sa place. Un travail d’acceptation de son corps et de sa féminité est nécessaire pour guider la femme vers une sexualité épanouie. « On apprend à la femme que ses besoins sont moindres que ceux des hommes. C’est faux ! La femme privilégie la qualité quand l’homme préfère la quantité. »

Et le plaisir dans tout ça ?

D’ailleurs, quand les femmes viennent consulter la sexologue ou s’essaient à de nouvelles pratiques, elles le font avant tout pour garder l’homme ou faire plaisir à l’autre, convaincue de leur côté de pouvoir se passer de sexualité. « Quand elles font la démarche de la thérapie, elles se rendent compte que la sexualité c’est la vie. Elles apprennent à lâcher prise, à dépasser les interdits et à revendiquer leur plaisir. »

Bien que la société affiche une certaine névrose exhibitionniste aux yeux du docteur Bahout, la femme n’ose pas toujours assumer ses propres envies et son propre désir. « Les femmes demandent toutefois de plus en plus à avoir un orgasme. » Pour la sexologue, c’est le paradoxe dans les envies féminines : être indépendante et libre tout en rêvant à l’homme qui viendra réveiller leur sexualité. « La femme d’aujourd’hui veut pouvoir vivre sa sexualité librement, ce qui ne veut pas dire la vivre comme un homme. » Pour Sonia Bahout, la mère joue un rôle majeur dans l’éducation émotionnelle de sa fille, la préparant à la féminité et l’aidant à suivre une sexualité épanouie.

 

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