Un enfant de trois ans ou moins peut-il assister à un spectacle ? Le conseil départemental de Côte-d’Or en est convaincu et a mis en place de nouvelles actions pour rapprocher les tout-petits, leurs parents et même leurs nounous, du monde culturel.
Alors, tous au « pestacle » !

 

Contrairement à certaines idées reçues, un bébé de 6 mois à peine (voir même moins) peut apprécier un spectacle musical. Loin de l’esprit critique des adultes, l’enfant se réjouit des couleurs, des lumières et des sons qui s’offrent à lui. Les acteurs culturels l’ont compris, tout comme ceux de la petite enfance, mais il manquait jusque-là un pont entre ces deux univers.

Le conseil départemental de Côte-d’Or a donc tissé les liens qui font désormais bouger les lignes et avancer les projets pour le plus grand plaisir des tout-petits et de leur entourage. Ludovic Schwarz, chef du service Culture, se réjouit d’ailleurs de l’engagement des structures : « D’un côté, on a constaté que le secteur culturel prenait de plus en plus en compte la petite enfance avec des actions spécifiques. De l’autre, il y avait une demande des professionnels de la petite enfance sur cette thématique. »

Pour faciliter la rencontre entre ces univers et aller plus loin dans la démarche, le conseil départemental a mis en place un groupe de travail. « Il y avait une méconnaissance des deux mondes malgré les propositions artistiques et les attentes. On a voulu être un accélérateur. » C’est en ce sens qu’une brochure a vu le jour, permettant à chacun de mieux appréhender l’autre : l’artiste, l’enfant spectateur, l’accueillant ou encore l’adulte accompagnant. Elise Egéa, médecin de la protection maternelle et infantile, membre du groupe de travail, a contribué à concevoir le document : « Il y a des conseils simples, comme penser à emmener le doudou du petit ou savoir interpréter les codes de l’enfant qui ne sont pas les même que les nôtres. »

Pendant un spectacle, le tout jeune spectateur va rire, crier, bouger voire pleurer pour manifester ses sentiments. L’artiste doit prendre en compte ce public si particulier, tandis que les adultes ne doivent pas renoncer pour autant à emmener les enfants assister à un spectacle.

 

Plus que des mots

 

Elise Egéa rappelle la définition de la santé selon l’OMS : « Le bien-être physique, psychique et  même social de l’enfant. La culture en fait donc complètement partie puisqu’elle touche à tous ces aspects. » La culture devient alors un outil de travail, artistique, au service de la petite enfance, permettant une relation à l’enfant différente. « Il s’agit d’une parenthèse de plaisir partagé », complète le médecin.
Pour autant, le spectacle ne doit pas tomber dans le ridicule. « Il faut que ça atteigne l’enfant tout en embarquant les parents ou les assistantes maternelles », confie Ludovic Schwarz.

Au-delà de quelques conseils, c’est en travaillant aux côtés de la compagnie A Tous Vents sur la diffusion d’un spectacle, que le chef du service culturel a pu constater l’engouement des petits mais aussi des grands. « Il y a une interaction qu’on ne trouve pas avec un écran, c’est le plus qu’apporte une représentation. » Quand l’enfant attend un voyage, l’adulte veut une histoire concrète mais malgré cette différence de perception, le conseil départemental a compris qu’il y avait une expérience commune à vivre.

A travers les relais des assistantes maternelles ou encore par l’intermédiaire des travailleurs sociaux, le Département veut donc attirer celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de franchir la porte d’une salle de spectacle, surtout avec un enfant. « Nous voulons montrer aux professionnels et aux parents qu’il y a d’autres pistes d’éducation à leur disposition. Pas besoin de savoir chanter ou danser pour guider un enfant sur cette voie », sourit Elise Egéa. Les élus départementaux ont d’ores et déjà voté de nouvelles actions sur le territoire pour encore encourager cette dynamique et permettre aux plus grands de conduire les tout-petits au « pestacle » !

 

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