Miss France 2005, « Bourguignonne des îles », Cindy Fabre a vécu son règne de paillettes comme un rêve éphémère, un temps dans sa vie de femme. Aujourd’hui elle rejoint EMA et l’équipe de Sylvain Camos pour une nouvelle page à écrire. Ou comment passer du cœur à l’organisation de l’événement.

Métisse originaire de Guadeloupe, née dans la Nièvre et désormais dijonnaise, Cindy Fabre est à mille lieues du cliché que l’on pourrait se faire d’une Miss France. Certes élégante et apprêtée, cette trentenaire dynamique marque plus par son humour et sa gentillesse que par son mètre soixante-dix-neuf et ses courbes avantageuses.

D’ailleurs, quand à 19 ans elle se présente à l’élection de Miss Calvados, ce n’est pas pour s’afficher :« C’était une tradition de regarder les Miss avec ma mère, alors quand elle a vu un encart annonçant la venue de Geneviève de Fontenay, elle a insisté pour que je m’inscrive. Je l’ai surtout fait pour qu’elle me lâche avec ça, vu que ça n’aboutirait pas. » Loupé ! La jolie Cindy se retrouve non seulement Miss Calvados, mais très vite Miss Normandie, pourtant « loin de l’image que l’on peut se faire de la Normande, une blonde à la peau claire ». Mais ses discours improvisés font mouche !

La passionnée de danse et de musique franchit les étapes. « Aller à la télé, à Paris, la capitale quoi ! C’était un peu aux frontières du réel. » Elle envisage un instant de refuser le titre qui lui ferait
manquer les cours mais se range à l’avis maternel et part représenter la Normandie devant la France entière.

« Pour faire des pizzas, ça ne change rien ! »

56« J’ai préparé ma valise et j’ai quitté la maison pour un mois, initialement, le temps des préparations. » Cindy expérimente l’aventure à la manière d’un jeu qu’elle vit comme une succession de répétitions, le « prime » y compris. Mais les confettis tombent et Cindy est élue Miss France. « Je ne comprenais pas ce qui se passait, les journalistes m’appelaient par mon nom alors que je ne les connaissais pas, Geneviève me demande de faire coucou,… Et soudain, le déclic ! Je fonds en larmes, persuadée que je ne verrai plus ma famille pendant un an. »

Tout s’enchaîne. Cindy doit emménager à Paris, peu préparée à basculer dans un monde de paillettes, loin de ses proches. « J’étais obsédée par l’idée que j’avais une valise de linge sale, du linge pour un mois et que je ne pouvais pas vivre juste avec le contenu de cette valise. » La Miss apprend alors à se servir d’une machine à laver et ne manque pas une occasion de rentrer, sans prévenir, en Normandie.

De cette période, elle garde en mémoire le soutien de l’équipe des Miss, les moments passés sur la route avec la dame au chapeau noir et blanc, mais aussi la France, ses paysages et ses habitants. Mais il faut rendre la couronne et vivre une nouvelle vie. Cindy reste à Paris où elle anime plusieurs émissions de télé sur France 2, Teva, RTL 9, France O…

En 2008, elle déménage dans le sud de la France et retrouve un ami d’enfance qui deviendra son compagnon. Éloignée des caméras, elle enchaîne les petits boulots, du mannequinat au phoning. Sur son CV, Cindy n’affiche pas forcément son passé. « Avoir été Miss, c’est un plus qui peut aider, mais si je devais faire des pizzas, que j’ai été Miss ne changerait rien à la qualité de ce que je fais. »
En 2012, elle donne naissance à son fils Elio et décide de se reconvertir. « J’avais commencé des études de techniques commerciales, j’ai donc voulu poursuivre en ce sens. » Elle multiplie les entretiens, s’y rend incognito pour privilégier ses compétences plutôt que son image, connaît quelques déboires mais cherche la stabilité et une stimulation intellectuelle.

En tenue de ski

En 2014, c’est en participant à un rallye au Maroc organisé par la société EMA Évènement et Design qu’elle rencontre Sylvain Camos. « On a gardé le contact et je suivais la société sur les réseaux sociaux. » Quand EMA publie une offre d’emploi pour un poste de chargé de projet, elle saute sur l’occasion. « Sylvain a pris ma candidature au sérieux mais m’a précisé que le poste était basé à Dijon. » Après avoir été au cœur de l’événement,
elle en sera donc désormais à l’origine.

Prête à quitter Juan-les-Pins, elle postule et défend sa candidature, venant passer son entretien final dans la capitale des Ducs. « J’avoue que ce jour-là, j’ai eu peur. Il faisait gris, le GPS nous a fait traverser des quartiers tristes et un cimetière… Et quand il nous a indiqué le centre-ville, ça ne ressemblait pas à ce qu’on avait vu en photo. Heureusement plus loin que le parking où nous étions, on a découvert le centre-ville et j’avoue que voir H&M m’a rassurée ! » Depuis, même si elle n’a que peu d’occasions d’aller dans le centre, elle a appris à aimer Dijon et son charme. Cindy note toutefois un bémol dans sa jolie vision de la ville : la météo. « Il aurait fallu nous filmer à notre arrivée, on n’avait pas de manteau épais sauf pour aller à la montagne. J’ai envoyé mon fils à l’école en tenue de ski! »

Particulièrement reconnaissante envers Sylvain Camos qui lui a apporté son aide pour trouver un logement et prendre ses marques dans la ville, Cindy ne tarit pas d’éloges sur ce patron qui va également recruter son conjoint. La magie dijonnaise opère, la nouvelle vie de la Miss se met en place et la ville compte une nouvelle femme de choix dans ses rangs.

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