Derrière ses improbables lunettes qui la distinguent du lot habituel des élu(e)s, la combative adjointe de François Rebsamen cache plusieurs vies. Avant de prendre en charge le destin culturel de la ville de Dijon, Christine Martin connut en effet les lumières de la scène. Portrait en rythme d’une batteuse battante ou inversement.

Une enfance au bord de l’Ouche du côté de Saint-Jean-de-Losne. Puis la découverte des grands écrivains en fac de lettres et le temps des nécessaires petits boulots pour payer les études. Tout le monde n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Une vie qui ressemble à tant d’autres. Pourtant, rien ne la fera se fondre dans la masse. « Je me trouvais singulière, assure Christine Martin, j’avais déjà une culture rock grâce aux garçons de mon village, qui collectionnaient les disques et me faisaient faire de la moto. » Après avoir franchi la Manche, le punk lui apparaîtra comme une révélation, une vision de la société que ce mouvement permet de partager. Une musique, un look aussi, qui donnent « le sentiment que tu peux faire les choses ».

Début des années 80, la voilà batteuse des Norma Loy. La scène la conduira de l’amphi de la fac à La Locomotive à Paris ou encore au Printemps de Bourges. Avec, toujours et encore pour vivre, des petits boulots de secrétaire ou de téléopératrice. Et une bonne dose d’enthousiasme pour la battante batteuse : « Entre 20 et 30 ans environ, j’ai eu cette chance de vivre une aventure musicale merveilleuse ».

Les années travail

Après la tempête, le calme. La trentaine appelle un peu de sagesse. Le boom de la PAO l’entraîne vers le métier de maquettiste. 1996 : Alternatives économiques, une entreprise de presse née justement du renouveau du graphisme, la recrute. Pas faute, pour elle, d’avoir prévenu son employeur. « Denis Clerc a eu la folie de confier le graphisme d’un hors-série à la femme sans expérience que j’étais, confie Christine Martin. Je me souviens pourtant lui avoir dit avec honnêteté que j’avais mis mes précédents employeurs aux prud’hommes et que j’étais syndiquée, pas encartée mais plutôt engagée à gauche. » Des valeurs qui, en réalité, sont aussi portées par le magazine. N’ayant pris personne à défaut, elle devient donc déléguée du personnel puis déléguée syndicale avant de prendre place au sein du conseil d’administration de la coopérative. L’une de ses missions, pas la moindre, fut la mise en place des 35 heures. « Toutes ces années ont forgé et structuré mon engagement politique et ma personnalité. » En 2002, le passage du FN au second tour perturbe la militante qui se révèle en elle. Christine Martin attendra 2005 pour conforter ses positions : « J’ai assisté à des débats, à des réunions du PS et j’ai rencontré deux hommes qui ont fini de me convaincre: François Rebsamen et Laurent Grandguillaume. »

Les années culture

Le charisme du maire, son engagement et sa vision pour la ville du futur avaient dans un premier temps séduit Christine Martin. Poussée par Laurent Grandguillaume, elle prendra alors sa carte au parti. « J’ai toujours été une militante dans l’âme : militante culturelle, militante politique, militante pour l’humain. Gamine déjà, j’avais des guides politiques comme Victor Hugo, qui m’ont fait comprendre que la misère et l’injustice n’ont pas lieu d’être. » Cet engagement né des livres grandira avec elle. Romantique et lyrique à l’adolescence, il prendra corps pendant ses années à Alternatives économiques puis en politique. « Je me suis engagée sur diverses campagnes jusqu’à être sollicitée pour rejoindre la liste de François Rebsamen. J’ai réfléchi à cet engagement, je voulais m’impliquer dans la vie de la cité en tant que conseillère municipale. »

Partageant les ambitions du maire pour Dijon, elle se retrouve chargée d’en appliquer le projet culturel. Non sans surprise : « Je ne pensais pas qu’une fille d’ouvrier venu d’un bled de campagne puisse finir adjointe au maire à Dijon. Quant à la culture, ma personnalité s’est construite avec l’art sous toutes ses formes. C’est un moyen de s’élever et de développer son ouverture au monde. » Moins batteuse, plus battante que jamais, Christine Martin est intarissable sur son sujet. « La culture, c’est le cœur d’une cité. Un concert dans un bar, une galerie, une pièce de théâtre, c’est essentiel pour une ville. » Profitant de l’instant présent, l’élue se concentre sur
ce qu’elle construit, avec l’espoir d’apporter quelque chose à la ville. « Je ne le fais pas pour moi mais pour les Dijonnais. D’ailleurs, qui se souvient du nom d’un adjoint au maire ? » Pas faux.

Agenda

Juin

Dijon. Festival Paroles de femmes du 28 juin au 2 juillet au Bistrot de la scène.

http://www.bistrotdelascene.fr/programme/juin-2016

Vougeot. Festival « Musique et Vins », du 17 au 26 juin

http://www.musiqueetvin-closvougeot.com/

Juillet

Dijon. Festival Garçon la note, du 1er juillet au 31 août sur les terrasses du centre-ville. Mais aussi Risk open air les 1er et 2 juillet au square des Bénédictins.

http://www.riskparty.com/

Beaune. Festival international d’opéra baroque et romantique du 8 au 31 juillet.

http://festivalbeaune.com/

Août 

Dijon. D’Jazz à la plage, les 5,12 et 19 août à 19h sur la plage du lac Kir.

http://www.mediamusic-dijon.fr/programmation.html 

Côte d’Or. Fêtes de la vigne, du 23 au 28 août à Dijon et dans le département

http://www.fetesdelavigne.org/

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