Un notaire sur cinq est une femme. Certes, nous sommes encore loin de la parité. Mais cette féminisation d’un métier placé au cœur des enjeux patrimoniaux n’est pas sans conséquence. Femmes en Bourgogne a rencontré Maître Anne-Gaël Parry-Avril. Des paroles aux actes, voici comment elle aborde sa mission, bénévolat compris.

Malouine et fille d’avoué, elle a découvert Dijon et la Bourgogne à l’âge de dix ans, suivant son père venu prendre une charge au pays des ducs. Une révélation pour la bretonne qui, pourtant, n’entreprendra pas un parcours notarial classique : « J’ai passé une maîtrise des droits des affaires avec un magistère de fiscalité à la clé, un DESS de droit fiscal chez Cozian, l’année même ou le métier de conseiller juridique a disparu. » Passionnée de droit civil, mariée à un fils de notaire qui deviendra entrepreneur (François Parry, l’un des précurseurs du numérique dans la région), Anne-Gaël Parry-Avril décrochera plus tard son concours d’entrée au CFPN (Centre de Formation Professionnel des Notaires). Il lui faudra cependant consacrer un temps à ses deux fils et effectuer des stages à Dijon avant de faire son entrée dans le cabinet beaunois qui est aujourd’hui le sien, en tant que clerc principal. « C’est toujours un peu plus compliqué pour une femme », reconnait celle qui, à force d’œuvrer dans un cabinet rompu à des problématiques tant urbaines que rurales, viticoles et donc foncières parfois, s’intéresse de près à la complexité de la transmission.

Autour des Williams

« Dans notre métier, il faut être sérieux, et d’une certaine manière asexuée dans sa pratique, poursuit avec humour la notaire, pour autant cela n’a rien d’incompatible avec la vie d’une femme libérée ». Premier acte au-delà des paroles : savoir mettre en confiance son interlocuteur. Même si elle n’intervient pas directement dans la vie familiale, au sens où pourrait l’entendre un avocat par exemple, son rôle est de protéger le patrimoine de l’autre en toute circonstance, de mettre en place des conseils et des décisions qui peuvent avoir une incidence déterminante dans le destin d’une famille, des femmes et des enfants en particulier. Impliquée dans la vie associative, Anne-Gaël Parry-Avril a rejoint une amie et la cause de cette dernière au service de Autour des Williams. Comme les autres, très modestement, elle s’occupe « des bonbons, des crêpes et des petits événements qui font tourner l’association ». A travers ces petites choses du quotidien, la recherche avance et les familles trouvent le soutien dont elles ont besoin. Mais ici, le professionnel peut parfois rejoindre le privé. Les parents des enfants touchés par cette pathologie*, sont confrontés à de nombreuses difficultés. Comme le décès des parents justement, la mise sous tutelle ou encore la protection de l’enfant devenu adulte. « Là, s’il le faut, je peux agir en bon conseil », déclare la bénévole. Ici comme ailleurs, il n’y a pas de frontière entre le savoir et le cœur. Plus qu’une parole, un acte.

* Le syndrome de Williams (SW), ou de Williams et Beuren, est l’association d’un retard mental, d’une cardiopathie congénitale, d’un faciès et d’un comportement caractéristiques de l’individu affecté (source wikipédia).

En partenariat avec les notaires de la Côte d’Or

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