En partenariat avec les notaires de Côte d’Or.

Notaire et femme de notaire, Sabine Massip est aussi une pionnière du salariat dans son métier. L’atypique et pétillante juriste renvoie les préjugés dans les 22 et le dit elle-même : « Je n’ai pas la tête de l’emploi, ça tombe bien, j’en ai la fonction ! »

Comme sa consœur Anne-Gaël Parry-Avril (voir Femmes en Bourgogne n°4), mais quelques années plus tôt, Maître Sabine Massip a connu les bienfaits d’un DESS de droit fiscal chez Cozian. « Sans Maurice Cozian, je n’aurais jamais été notaire », affirme même l’intéressée. L’une comme l’autre ont trouvé dans le conseil juridique un chemin accessible qui permet de démarrer avec peu de choses. Sauf que Sabine épouse un clerc de notaire, Pascal Massip, qui deviendra plus tard un notaire qui compte en Côte-d’Or. Son parcours à elle commence par une quinzaine d’années d’activité dans un cabinet anglo-saxon. Dans une ambiance à deux doigts de la caricature. « J’étais l’une des premières femmes du département dans cette activité, avec les doutes que cela pouvait susciter à l’époque, mais à défaut d’avoir des muscles de bucheronne et de pouvoir concurrencer les hommes sur ce terrain, on a vite prouvé que notre cerveau était là et bien là. »


LES FEMMES PLUS À L’ÉCOUTE


Plus tard, en travaillant à Genlis puis à Dijon dans la même étude que son mari (« À proximité, mais pas ensemble »), il lui faudra composer avec la nécessité de « se faire un prénom ». Un défi relevé en même temps qu’une décision mûrie : devenir le (« la » en l’occurrence) premier notaire salarié de Côte-d’Or. Et un point de vue assumé : « Avec deux enfants, deux professions libérales ensemble c’était un peu compliqué à gérer. Ce salariat me permettait de travailler à temps partiel, c’était un bon choix. Mon mari a toujours été fortement sollicité et engagé dans sa profession et une mère se libère moins facilement, j’ai alors pleinement accepté de me concentrer sur les intendances. » Frustrée, Maître Sabine Massip? Que nenni. Les enfants ont grandi, l’étude de son époux a grossi avec de nouveaux associés. Elle demeure quant à elle une « notaire atypique qui n’a pas la tête de l’emploi mais la fonction ». Avec sa vision personnelle des missions qu’elle doit mener : « Mon bureau n’a pas deux côtés, il en a trois, il laisse toujours place à la discussion. De plus, il ne sent pas la poussière, c’est un bureau de fille. » La pétillante juriste n’hésite d’ailleurs pas à affirmer que dans le droit des affaires, sa spécialité, les femmes sont « plus à l’écoute, plus perfectionnistes parce qu’à parts égales elles ont plus à prouver ». Adepte du « juridique cousu main », elle se joue aussi de la mixité notariale qui caractérise son couple: « Attention, ne me faites pas passer pour une pétroleuse, avec mon mari, nous aimons faire des interventions en tandem dans les mastères et montrer, à travers nos différences et nos désaccords techniques, que le métier de notaire est tout sauf ennuyeux. » Sage parole qui reflète bien les actes.

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