Derrière un volant, une caméra ou à la ville, elle ne peut pas le cacher : Margot Laffite est bien la fille de Jacques, ancien pilote automobile et actionnaire du golf de Norges, au nord de Dijon. À l’occasion d’une inauguration en famille, la journaliste sportive nous en dit plus sur cette filiation naturelle qui l’a emmenée jusqu’à la présentation de l’émission Formula One sur Canal Plus. Et n’oublie pas son autre passion dévorante : l’équitation.

Le Country Club de Norges-la-Ville vaut le détour. Alors quand son directeur Denis Liébé fête l’inauguration d’une allée en hommage à Jacques Laffite, actionnaire historique de ce complexe, personne ne fait la fine bouche. L’occasion de croiser l’ancien pilote qui a fait les belles heures de la Formule 1 dans les 70 et 80, toujours aussi souriant et taquin, mais aussi sa fille qui s’est déplacée spécialement pour l’occasion et en famille. Comprendre avec son fils et son mari, l’humoriste Arnaud Tsamère. On s’autorise au passage à demander à Margot son secret pour protéger leur vie privée. Elle a l’air presque étonnée et sourit : « Des couples bien plus connus que nous y parviennent je crois, non ? » Compris, passons à autre chose…

Son père Jacques, toujours bon pied bon œil du haut de ses 72 ans, ne cache pas sa fierté quand il revient sur le parcours de sa fille. Comme lui, elle continue de faire vivre le nom de Laffite dans le monde du sport automobile à travers le petit écran. Sur Eurosport pour l’ancien pilote et sur Canal Plus et AB Moteurs pour Margot. « Pourtant je n’ai rien fait pour, assure le vétéran des pistes. Je n’ai jamais emmené mes filles assister à un Grand Prix de F1 durant toute ma carrière. »


PAS LES MÊMES CHEVAUX


 

Nous sommes dans les années 80, la famille habite en Angleterre. Margot se souvient « de cette éducation à l’anglaise, assez stricte. On allait en uniforme à l’école, on faisait la révérence matin et soir. Alors forcément, quand on a débarqué en France en 1989, ce fut un choc. J’ai découvert les gros mots… Le contraste était réel. »

Puis c’est la rencontre avec les chevaux, les vrais, pas ceux des moteurs, qui passionnent Margot dans ses jeunes années. « Avec ma sœur ainée Camille, nous nous sommes investies dans les compétitions de concours complet. Un sport très sain avec de belles valeurs, qui oblige à avoir la responsabilité d’un animal. Très formateur pour les adolescents. Ce n’est que sur le tard, à 23 ans, que j’ai eu l’opportunité de faire un peu par hasard et pour le fun ma première compétition en auto. C’était une course sur glaces, pour le Trophée Andros. » Bon sang ne saurait mentir, elle montre de belles dispositions jusqu’à remporter le championnat féminin en 2005. « Je courais vraiment par passion et loisir. Pas avec le rêve de devenir pilote professionnelle ».


DU VOLANT AUX ÉCRANS


 

Petit à petit, la cadette des filles Lafitte se fait repérer et met un premier pied dans le monde de la télévision. C’est dans l’émission V6, qu’elle anime depuis huit ans sur AB Moteurs, qu’elle apprend son métier. « Je prends un plaisir incroyable dans cette émission qui me laisse une liberté importante. On reçoit des invités en extérieur, on déconne, on essaie des voitures… Le rêve ! » Et depuis l’arrivée de la Formule 1 sur Canal Plus, en 2013, on lui a confié Formula One, émission de débriefing après chaque Grand Prix. Une case importante et stratégique « car c’est la seule qui passe en clair, ce qui permet de fédérer un public encore plus large ». Elle s’y épanouit aussi, dans un autre style. « C’est formidable de bosser avec les équipes de Canal qui ont un savoir-faire du traitement du sport qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Mais je ne vous cache pas que l’exercice de présentatrice en studio, pomponnée en robe et en talon, avec un déroulé très « timé », me plait un peu moins. Mais cela reste une super école. »

Forcément, on aurait bien vu Margot dans la déclinaison française de la cultissime émission Top Gear. Il n’en fut rien. « J’aurais tellement adoré faire partie de cette aventure. Mais non rien, pas un contact, pas un coup de fil, pas une rumeur… Nada ! » confie Margot avec sourire et dans un franc-parler typiquement paternel.


MISOGYNE, L’AUTO ?


Cette absence de langue de bois, que l’on sait de plus en plus rare, nous pousse à l’interroger sur la place des femmes dans le sport automobile et la possibilité de voir un jour une pilote compétitive en Formule 1. « Entre nous, je m’en moque un peu. Je ne suis pas girl power. Mais je demande à voir car il y a des filles qui vont vraiment très vite en sport auto. Mais en monoplace à très haut niveau, je crains qu’il y ait une réalité de limite physique. Notamment en F1 où l’accumulation des forces centrifuges encaissées est très importante. Puis, cela reste un univers un peu misogyne. Ça fait pas mal d’obstacles ! »

Et Prenois, dans tout ça ? Le circuit est devenu un patrimoine à part entière de notre région. La pilote lui rend un hommage, à sa manière : « C’est clairement un des plus beaux tracés sur lesquels j’ai roulé. Il est super rapide et très technique, mais je n’ai jamais était hyper à l’aise là-bas. Alors forcément, je ne vais pas vous faire croire que c’est mon préféré. On préfère toujours les circuits où on est performant… » Pas de doute, c’est une Laffite.

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