Secrétaire dans le service APA du Conseil départemental à Montbard, Rachel Bilbot a choisi de mettre son temps au service des autres en s’engageant comme sapeur-pompier volontaire auprès du SDIS de Côte-d’Or il y a maintenant neuf ans. Une femme tout feu tout flammes !

Rejoindre les soldats du feu, il ne pouvait en être autrement. Son père en a fait partie de longues années et lui a naturellement « transmis la fibre ». La petite Rachel Bilbot avait alors des passions un peu différentes des autres filles de son âge : « Je ne rêvais pas d’être une princesse mais de sauver des vies ! » Le temps est passé et, en 2007, lorsque les trois enfants sont devenus grands et sa carrière bien installée, elle a pu réveiller cette vocation.

Heureuses circonstances : sa commune de Darcey, à quelques sirènes de Venarey-les-Laumes, a tout fait pour conserver son centre d’intervention. Treize sapeurs-pompiers volontaires, dont quatre femmes, jouent le rôle d’ange-gardien pour Darcey et six communes environnantes. « Avoir une femme dans une équipe apporte une façon d’agir complémentaire à celle des hommes. Je crois être plus dans le relationnel car une fois la prise en charge de la victime faite, j’essaye toujours d’expliquer aux proches l’intervention réalisée et ce qui va se passer maintenant. »

Ce n’est pas un hasard si les femmes se sont fait une place chez les sapeurs-pompiers volontaires depuis 40 ans. L’instinct maternel peut rassurer un enfant. Dans certains cas, la présence d’une femme s’avère opportune, comme ce cas classique où une femme sur le point d’accoucher « demande aux collègues masculins de sortir pour que l’on procède à la naissance du bébé. »

Volontaire depuis bientôt dix ans dans sa commune de Darcey, Rachel Bilbot a bénéficié du soutien de ses proches et de la souplesse de son employeur. Les bonnes causes méritent bien un peu de compassion... © Christophe Remondière
Volontaire depuis bientôt dix ans dans sa commune de Darcey, Rachel Bilbot a bénéficié du soutien de ses proches et de la souplesse de son employeur. Les bonnes causes méritent bien un peu de compassion…

LE BIP DU SOIR DE NOËL


Un point unit hommes et femmes à l’épreuve du feu et des urgences : la fierté d’exercer leur mission. « Je me sens fière et utile quand je croise quelqu’un dans la rue auprès de qui je suis intervenue et qu’il me remercie car tout va bien désormais. » Avenante et souriante, Rachel Bilbot se sent plus à l’aise quand sa mission la conduit à prendre soin des autres même si affronter un incendie ne l’effraie pas. « Mon engagement, je le traduis par de l’entraide, de la solidarité et du contact humain. »

Malheureusement, les effectifs restent insuffisants. Pour rejoindre cette grande famille, il suffit de se rendre au centre de première intervention de sa commune ou en mairie. Le candidat suivra ensuite une formation de cinq semaines pour aller à son tour sur le terrain. « On ne fait pas ça pour l’argent, même s’il y a une petite indemnité pour chaque intervention, précise la volontaire. C’est un engagement gourmand en temps mais très valorisant. » Soutenue par ses coéquipiers et par l’encadrement du SDIS, Rachel insiste aussi sur la compréhension de sa famille et notamment de son conjoint. Au quotidien, ses proches vivent eux aussi son engagement. « Quand le bip sonne le soir de Noël ou le jour de l’anniversaire des enfants, il faut que le reste de la famille comprenne que je dois faire mon devoir n’importe quand et à n’importe quelle heure. Je crois qu’ils en sont fiers. »


EMPLOYEUR CONCILIANT


Pour mener à bien sa mission, Rachel Bilbot peut aussi s’appuyer sur un employeur concerné. Le Conseil départemental de Côte-d’Or a signé une convention avec le SDIS pour mettre son personnel à disposition. Louable accord. Au service APA (allocation personnalisée d’autonomie, destinée aux soixantenaires et plus), les retards de Rachel sont acceptés quand ils découlent d’une intervention. Le Conseil départemental lui permet aussi de participer aux formations qu’implique son statut sans devoir poser de congés. « C’est un vrai bonus d’avoir un job où on m’encourage dans ma mission et où on partage ces valeurs », dit encore notre femme à l’uniforme. Bien entourée dans son foyer, son travail et sa caserne, Rachel Bilbot peut s’engager pleinement dans sa mission au service des autres. Toujours avec le même enthousiasme. Tout feu tout flammes, on vous dit !

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