Catherine Petitjean, à la tête de Mulot et Petitjean depuis 1998, continue de développer son entreprise tout en prenant soin de son patrimoine industriel. Son dernier projet : l’ouverture d’un musée du pain d’épices sur son site de fabrication, à Dijon. Visite guidée dans ses pas.

Dijon, capitale des ducs de Bourgogne et ville aux sept musées, vient de se doter d’un nouveau site touristique : la fabrique de pain d’épices de Mulot et Petitjean. À quelques encablures de la future Cité de la gastronomie, cet espace muséographique a été conçu dans les locaux de production du confiseur, au 6 boulevard de l’Ouest. Un projet initié et mené par sa dirigeante, Catherine Petitjean. « C’est à la fois un projet très personnel, car il implique l’histoire d’une famille, de ceux qui ont conduit l’entreprise avant moi, et c’est également un projet très collectif, fédérateur, porté en même temps par les personnes concernées par sa mise en œuvre, mais aussi les collaborateurs qui ont accepté d’être filmés », explique la chef d’entreprise. L’idée de ce musée « dans ces lieux qui ont une âme », Catherine Petitjean l’avait en tête depuis 2003, date de la première extension de son usine. Mais il lui faut attendre 2016, l’année du 220e anniversaire de la maison, et la construction d’une nouvelle extension de 1 000 m² pour mener à bien son projet. La réorganisation des locaux permet alors de libérer plus de 400 m² dans la partie historique du site de fabrication, un espace de stockage laissé vacant. Le musée est lancé. « Ce projet a un sens. Il nous donne la possibilité de renforcer notre ancrage local, régional et national et d’expliquer nos savoir-faire. Il nous permet d’assurer le développement de notre entreprise en termes de clientèle, de valorisation et de diffusion de la marque », poursuit la dirigeante. D’autant qu’entretemps, en 2012, la société dijonnaise, fondée en 1796, a obtenu la labellisation d’état « Entreprise du patrimoine vivant ».

Parcours vivant

À travers un parcours didactique, ludique et visuel et à l’aide d’audioguides, le musée propose au visiteur de découvrir de manière vivante l’histoire de l’entreprise familiale et de son savoir-faire. L’approche scénographique, très orientée sur les sens, et les témoignages filmés d’ouvriers permettent de « retraduire l’ambiance de l’époque, de raconter l’histoire de la maison Mulot et Petitjean, celle du pain d’épices et ses secrets de fabrication à Dijon, car nous nous inscrivons vraiment dans une thématique locale », détaille Catherine Petitjean. Se mêlent reconstitution du bureau d’Auguste Petitjean, portraits de famille interactifs, matières premières, anciennes machines et outils restaurés, observation en temps réel d’étapes de fabrication… Sans oublier l’odeur sucrée du pain d’épices qui règne dans les locaux et qui met l’eau à la bouche avant la dégustation prévue en fin de parcours.

Innovation et transmission

Si Catherine Petitjean attend 10 000 visiteurs par an dans son musée, elle continue le développement de sa société aux cinq millions de chiffres d’affaires, misant depuis quatre ans sur le marché international. La dirigeante, qui fêtera en septembre 2017 ses trente ans de présence dans l’entreprise, n’oublie pas pour autant de rendre hommage à ses collaborateurs : « Si je n’avais pas eu une belle équipe autour de moi, je n’aurais pas pu vivre mes rêves ». Des rêves qui pourraient se transmettre à la 10e génération de Petitjean, puisque l’une de ses filles, Chloé, a rejoint l’entreprise en 2014.

 

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