Nouvelle capitaine du Cercle Dijon Bourgogne, Joanna Lathoud s’épanouit plus que jamais dans son club formateur. À 23 ans, la numéro 6 des Artistes est en réalité assez éloignée du statut de « fille de » et trace son chemin avec la tête sur les épaules. Portrait.

 

Par Thomas Barbier

Photos : Christophe Remondière

C’est notoire et on le lui répète assez souvent, son papa Denis fut un des mythiques Barjots, champion du monde avec l’Équipe de France en 1995. Joanna nous prend d’entrée de jeu à contre-pied : elle n’a pas été du genre à suivre toute petite les traces du champion paternel. Si elle a nettoyé assez tôt ses premières lucarnes, vers 8 ans, « c’est une meilleure amie d’enfance qui m’a traînée sur un terrain alors que je n’étais plongée dans aucun sport. Je me suis retrouvée d’entrée dans une équipe avec des filles plus âgées de deux ou trois ans… Ce fut un bon apprentissage ! »

Indépendante

Du talent, le goût du travail et sans doute un peu de code génétique lui ont ouvert les portes de différents pôles espoirs. En 2009, Joanna choisit Dijon assez naturellement. « Le CDB était en première division et comme mon objectif était d’aller le plus loin possible… » Un choix qu’elle ne regrette pas, mais qui fut douloureux pour une jeune fille de 15 ans. « Avec le recul, je pense que c’était un peu tôt pour moi, ma maman et ma sœur étaient restées à Lyon… elles représentaient mon cocon et m’ont beaucoup manqué. » Dans tout ça, son papa, alors entraîneur du club masculin dijonnais, « venait me voir de temps en temps, mais il n’était pas omniprésent ». À l’aise avec ce statut de « fille de », Joanna met volontiers en avant son esprit indépendant. « En fait, je crois que j’ai tracé ma voie toute seule comme une grande. Ce qui ne m’a jamais empêchée bien sûr de prendre exemple sur lui et de rêver à une même réussite sportive. » Voilà qui est dit et bien dit. Puis, quand même, il reste ce lien de filiation immuable au point que certains observateurs « s’amusent de constater que nos mimiques pendant les matchs sont assez semblables ».  Sur le terrain d’ailleurs, Joanna est la patronne. L’arrière-gauche est devenue une des cadres du CDB à seulement 23 ans. Mature, la grande brune a été choisie par son entraîneur Christophe Maréchal pour prendre le relais de Léa Terzi (qui attend un heureux événement) dans le rôle de capitaine. Voilà un geste gratifiant et porteur de symboles. Joanna n’élude pas ses nouvelles responsabilités : « Mine de rien, nous sommes le club féminin de la région évoluant au niveau le plus élevé, et puis nous sommes européennes cette saison. Les supporters ont conscience que nous franchissons un cap, ils ont une grande attente surtout après la belle saison de l’an dernier, mais ce sont de vrais connaisseurs, ils savent que cette année risque d’être plus compliquée. De toute façon, je ne suis pas du genre à vivre dans le passé et je regarderai devant. En plus, Léa m’a  parfaitement accompagnée dans mon nouveau rôle de capitaine. »

Depuis cette saison, le Casino JOA de Santenay affiche fièrement ses couleurs sur les maillots des joueuses du CDB. Pour Vincent Fournier, le responsable communication et marketing, « ce partenariat témoigne de la nouvelle attractivité du club qui fédère désormais au-delà des frontières dijonnaises. Ils sont idéalement situés entre Beaune et Chalon et s’intègrent dans notre approche assumée de communication glam chic ». Jackpot !
Depuis cette saison, le Casino JOA de Santenay affiche fièrement ses couleurs sur les maillots des joueuses du CDB. Pour Vincent Fournier, le responsable communication et marketing, « ce partenariat témoigne de la nouvelle attractivité du club qui fédère désormais au-delà des frontières dijonnaises. Ils sont idéalement situés entre Beaune et Chalon et s’intègrent dans notre approche assumée de communication glam chic ». Jackpot !

 

Anticiper l’après

Joanna la leader ne sera pas de trop pour guider le destin des Artistes. Des Artistes qui attirent de plus en plus de suiveurs. Au-delà de la structuration du club, la communication particulièrement soignée et les différentes offres commencent à produire leur effet. S’est également opéré un changement des mentalités. Avec ses tenues un peu plus girly (« ben oui, nous sommes des femmes avant tout ! ») et des joueuses à la féminité assumée, le CDB est de ces clubs résolument modernes. Trop souvent comparées il y a une quinzaine d’années (voire beaucoup moins !) à des garçons manqués, ces sportives de haut niveau sont nombreuses à avoir changé leur mode de préparation. « Par exemple, en musculation, nous portons des charges moins lourdes mais effectuons plus de répétitions ». La clé pour « acquérir le corps qu’un sport de haut niveau suggère, mais en gardant les jambes fines, avec des muscles endurants plutôt que disproportionnés ».

Si Joanna Lathoud consacre sa vie au handball et au CDB, elle n’a pas toujours été épargnée par les blessures et a conscience qu’une carrière peut être plus courte que prévu. Elle continue donc ses études. « Je suis en master avec en point de mire mon objectif de toujours : devenir professeure des écoles. Anticiper l’après-handball, c’est aussi un point important. »

Joli jump, sacré bras et tête bien faite, « Jo » est définitivement l’atout numéro 6 du CDB. 

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