Issue d’une famille vigneronne de Vosne-Romanée, son champ d’intervention à Beaune ne se limite pas aux problématiques viticoles. Femme de caractère, Maitre Françoise Bidegaray-Grivot impose son style entre fermeté et médiation.

Par Dominique Bruillot – Photo : Christophe Remondière

Elle a épousé le notariat très jeune, il y a une quarantaine d’années. Étape après étape, jusqu’à prêter serment en 1988, un quasi exploit à l’époque pour une femme.

« J’avais une image balzacienne, un peu poussiéreuse de ce métier », s’amuse-t-elle, avant de poursuivre sur ce qui justifie son infatigable passion pour les paroles et les actes : « J’ai découvert en réalité un authentique métier de service et de contact, la possibilité d’intervenir dans bien des aspects de la vie de chacun : le droit de la famille, l’entreprise, la transmission, etc. »

Depuis, les temps ont changé. À l’exemple du secteur de la vigne, l’un de ses domaines de prédilection (la famille Grivot est notamment exploitante viticole de renom à Vosne-Romanée), où la dérive du foncier a entrainé une révolution des comportements. « Au moment de la transmission, on a tellement besoin de capitaux que ce genre d’opération nous pousse à quitter le milieu traditionnel pour raisonner comme dans une entreprise et solliciter des investisseurs », résume la notaire qui, dans son propre quotidien professionnel, a connu de nombreuses évolutions. 

Aujourd’hui, c’est dans l’air du temps, l’étude Bidegaray-Grivot doit optimiser l’organisation thématique du suivi des dossiers et favoriser les échanges confraternels pour une meilleure expertise et une couverture territoriale plus large. Cet environnement qui comprend deux notaires associés, une quizaine de salariés, dont une notaire, permet de répondre aux nouvelles demandes et mutations du notariat.

Besoin de recul

Militante dans l’âme, maître Bidegaray-Grivot a présidé avec fermeté et conviction le conseil régional des notaires, de 2013 à 2015. « Dans un bouleversement en cours dont on ne perçoit pas forcément l’issue, il nous faut désormais favoriser les regroupements d’études » confirme-t-elle en référence aux récentes mesures gouvernementales concernant la profession.

Le sexisme a-t-il pour autant influencé son parcours ? « Quand j’ai prêté serment, les femmes ne représentaient que 10 % des notaires, alors que le personnel était déjà majoritairement féminin, aujourd’hui, nous en sommes à un tiers et cela progresse encore », rappelle celle qui conçoit que son métier peut, d’une certaine façon, être différemment abordé par une femme. Avec un argument frappé du bon sens : « Si faire la distinction entre homme ou femme n’a pas raison d’être dans l’établissement des actes, notre attachement à la famille favorise plus l’écoute et la vision à long terme dans certains types de dossiers. »

L’art de la médiation serait donc un exercice plus féminin que masculin. En atteste le succès du centre de médiation régionale que maître Bidegaray-Grivot a mis en place avec sa consœur Arielle Bonnotte (lire Femmes en Bourgogne n°6), du temps de son mandat à la tête des plus hautes instances régionales.

Oui mais alors, quelle est la recette pour trouver le bon équilibre dans tout ça ? La réponse ne tarde pas à venir : « Personnellement je n’ai jamais été dans la séduction mais dans l’exercice de mon métier, et le week-end, il n’y ni mail ni SMS dans mon environnement, j’ai besoin de recul ! »

Dont « acte », maître Bidegaray-Grivot.

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