Lydie Pfander-Meny, Françoise Tenenbaum, et Dominique Martin-Gendre (de g. à d.) sont les piliers d’une politique volontariste de la Ville pour nos séniors.

 

Par Michel Giraud /Photo : David Chedoz

La date est connue depuis plusieurs semaines et les tablées affichent déjà complet. Les 7 et 8 décembre, au Palais des Congrès, 3 200 dijonnais de plus de 67 ans partageront un repas de Noël et un spectacle offerts par la Ville. Le résultat d’une politique volontariste pour nos ainés-bien aimés, dont nous parlent les élues Dominique Martin-Gendre et Françoise Tenenbaum, avec l’appui de Lydie Pfander-Meny, présidente de l’OPAD.

 

 

 

 

Toutes les places sont attribuées et la liste d’attente très longue arrive à être absorbée », pose en préambule Dominique Martin-Gendre, adjointe au maire de Dijon déléguée à l’équipement et aux travaux urbains,
à la circulation et à la politique de l’âge. C’est l’une des innombrables actions mises en place par la ville à destination de ses aînés. Dijon compte 157 000 habitants, « et autant d’étudiants que de seniors, environ 32 000. »

Depuis 2010, la Capitale des Ducs est « Ville-Amie » des Ainés, une reconnaissance qu’elle doit à l’Organisation Mondiale de la Santé qui, à travers ce réseau international souhaite « encourager un vieillissement actif en élaborant un projet de ville adapté aux seniors ».

650 personnes servies quotidiennement

François Rebsamen en personne préside justement le Réseau francophone de ces villes. Point d’ancrage de la politique dijonnaise, le Centre Communal d’Action Sociale et son budget de 11 Millions d’euros annuels. « Tout ne va pas aux seniors, ne manque pas de préciser la présidente Françoise Tenenbaum, adjointe au maire en charge des solidarités, de la Santé et des Personnes âgées, mais cela représente une très grosse part. » L’élue appuie son propos en énumérant une à une les actions multiples mises en place : « À commencer par la politique du logement. Nous travaillons avec les bailleurs sociaux et les promoteurs sur le logement adapté et avons construit un premier Vill’âge Bleu, un second est en cours d’étude. Nous favorisons aussi l’accessibilité des transports. Le maintien à domicile passe par de multiples services, comme le portage des repas à domicile qui profite chaque jour à 650 personnes. Un travail important est également mené vers les personnes dépendantes, malades, via l’accueil de jour des Marronniers tourné vers les malades d’Alzheimer, et la quinzaine de travailleurs sociaux qui se déplacent à domicile dans le cadre d’un service spécifiquement dédié à la gérontologie ». Ceci sans compter les plans Grand froid et Canicule.

Ville douce à vivre

Pour cadrer au mieux sa politique, Dijon s’appuie sur un Observatoire de l’âge, présidé par Dominique Martin-Gendre, une instance municipale participative, un collège de 69 membres, des élus, des institutionnels, des professionnels et des habitants avec l’idée constante d’améliorer le quotidien des seniors dijonnais, dépendants ou pas. « Nous avons un important programme d’animations, poursuit Françoise Tenenbaum, notre priorité est la lutte contre l’isolement. Une trentaine de bénévoles sont mobilisés au CCAS, 120 environ à l’OPAD, l’association des seniors dijonnais. Ce maillage permet d’offrir un éventail inédit d’activités : un thé dansant chaque mois, des séances de cinéma, des visites de musées, des ateliers de cuisine, du portage de livres à domicile. On accompagne aussi les personnes qui le souhaitent au marché, chez le médecin, car certains ont peur de sortir seuls. À l’OPAD également, les seniors peuvent avoir accès des ateliers où ils peuvent écrire leurs mémoires, apprendre des langues et pratiquer une activité physique. » Une volonté assumée dirige ces actions : « La ville doit être douce à vivre, le quotidien de nos seniors doit être actif, et il est de notre devoir d’accompagner, certes les personnes dépendantes et en difficulté, mais aussi les retraités en bonne santé ». Dominique Martin-Gendre, dont la priorité est l’écoute, approuve par un détail significatif : « L’un des exemples que j’aime citer, ce sont ces deux fauteuils que nous avons installés place du Bareuzai. C’est le fruit d’une demande de nos seniors, possible grâce au budget alloué à la commission de quartier centre-ville. » Les bancs disséminés dans toute la ville, ou sur le marché, sont le témoignage permanent de cette volonté. Dijon est une ville douce à vivre, telle est la promesse faite par les villes-Amies des Ainés. Un crédo quotidien.

 

La maison des séniors

Installée, rue Mère Javouhey, elle a d’abord été imaginée comme un lieu d’information à destination des dijonnaises de plus de 60 ans, mais aussi des aidants, des familles et des professionnels. Avec une fréquentation mensuelle moyenne de 642 personnes et 1 567 appels téléphoniques reçus chaque mois, la Maison des seniors est devenue le lieu de référence pour les ainés. Dépendante du centre communal d’action sociale, la structure municipale apporte tout type d’information sur la vie quotidienne (culture, services à la personne, démarches administratives) et propose des rendez-vous personnalisés avec des professionnels. C’est aussi un lieu de conférences et d’animations. De la Maison des seniors partent les appels de « Seniors en contact » : des bénévoles appellent chaque semaine des seniors isolés juste pour « causer » ! Chaque mois, des après-midi thématiques (ouverts à tous, famille et proches) permettent de répondre à un tas de questions sur le calcul de la retraite, les aides à domicile. On peut même y réviser son code de la route !

 

 

L’OPAD rapproche les générations

Cette structure est unique en France. L’OPAD est l’association des seniors dijonnais. 2 600 adhérents de plus de 55 ans et 128 activités proposées pour assouvir un besoin de retraite active, pour rompre l’isolement, pour lutter contre le vieillissement, mais aussi pour rapprocher les générations. « Nous avons par exemple un partenariat avec l’école de commerce de Dijon, précise Lydie Pfander-Meny, la présidente de l’OPAD, les étudiants de la Burgundy School of Business doivent donner, dans le cadre de leur scolarité, 40 heures d’action civique. Nous en accueillons ainsi chaque année entre 25 et 30, que nous formons, et qui, le week-end essentiellement, mènent des actions pour lutter contre l’isolement des personnes âgées. »

Rue Mère Javouhey, 21 000 Dijon, 03.80.74.71.71, maisondesseniors@ccas-dijon.fr Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h.



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