Maître Séverine Tardy aborde son nouveau statut de notaire associée à Chenôve avec une certaine sérénité, malgré les bouleversements vécus par la profession. « Je suis de la génération Macron, cela n’a donc rien d’une surprise », constate simplement l’intéressée.

 

Par Dominique Bruillot Photo : Christophe Remondière

Issue d’une famille de notaires du bassin minier de la Saône-et-Loire, Séverine Tardy n’avait pas envisagé, au départ, de suivre la voie ainsi tracée. « Je voulais être commissaire de police », s’amuse cette jeune femme souriante, qui a finalement été déçue par ce que lui laissait entrevoir sa période de prépa : « Le métier, tel que présenté, n’était pas aussi intéressant que je le croyais, voire trop administratif, je suis donc retourné vers le notariat. »

Pas de regrets

Aujourd’hui, elle n’a pas à le regretter. Après des études à Lyon, une première expérience en terre familiale chez des confrères de ses parents, un long passage de neuf ans chez Maître Massip à Dijon, Séverine a usé, une nouvelle fois, d’une bonne vieille méthode pour intégrer sa propre étude : « J’ai “attrapé” un notaire dans la rue, Maître Cazor, pour lui demander s’il ne voulait pas me donner l’occasion de lui succéder à l’heure de sa retraite. » Pari gagnant ! La détermination a payé : « On a commencé à en parler en mars 2015, puis on a traité la cession en novembre pour finalement me nommer notaire associée en juillet 2016 ».

La juriste a donc rejoint Maître Schang et l’étude de Chenôve, au pied de l’emblématique tour saumon de 18 étages qui rappelle, à bien des égards, l’histoire sociale de la troisième ville de Côte-d’Or. Mais là s’arrête le cliché, car en réalité, « cette étude est bien placée, desservie par le tram et disposant du parking du supermarché voisin, avec une clientèle classique ». Une clientèle fidèle depuis plusieurs générations, dont le quart est d’origine rurale, ainsi qu’en attestent les trois annexes de Sombernon, Vitteaux et Saint-Seine-L’Abbaye où elle et son associé se rendent en moyenne une fois par semaine.

Génération Macron

Mère de deux enfants, avec un mari cadre à la Ville de Dijon, le choix de la couronne de la métropole s’est finalement imposé au-delà de l’opportunité qu’il représentait. Le défi de partager la direction d’une entreprise qui emploie huit personnes, dans un contexte de réformes profondes pour le notariat, a été plutôt bien appréhendé par Séverine Tardy. Et pour cause, « étant moi-même de la génération Macron, cela n’a rien eu d’une surprise, j’ai vécu avec, même si je comprends les réticences de mes confrères installés depuis longtemps ». La question que se pose actuellement le tandem Tardy-Schang, porte plutôt sur les choix stratégiques à faire, comme se rapprocher d’une autre étude et si oui, pourquoi et comment, vers quelles nouvelles compétences aussi. Le débat hommes/femmes semble quant à lui condamné à se noyer dans l’évolution du métier : « Il y a peu encore, la féminisation de la profession était assimilée à une paupérisation et, même si les clients ont encore parfois plus de mal à nous appeler “maître”, cela n’a aucune importance car les nouvelles générations de notaires sont en train de rééquilibrer les rapports. »

Au bout du compte, la différence est peut-être plus une affaire de génération, via l’utilisation plus systématique désormais des réseaux sociaux et des outils de communication modernes. Bref, le bon vieux notariat semble se dépoussiérer à la vitesse de la toile, ce qui semble bien convenir à Maître Tardy.

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