Ensemble, elles ont remporté le concours de Croquembouches du 45e Grand Prix national de la gourmandise. Sara Charlot et Alexandra Pastoret suivent toutes deux une formation en pâtisserie au CFA La Noue et ça leur réussit. Portrait de deux apprenties en reconversion.

Par Hélène le Héno Photos : Christophe Remondière

Les clichés ont parfois la vie dure. L’apprentissage n’est pas réservé qu’aux élèves sortis du système scolaire général. Il s’adresse aussi à de jeunes diplômés et à des adultes désireux de changer de voie professionnelle. La preuve avec deux pâtissières qui ne regrettent pas leur choix.

La première, Sara Charlot, a vingt-cinq ans et a suivi un cursus classique : baccalauréat et études supérieures en tourisme. Elle décide ensuite de partir une année comme jeune fille au pair aux États-Unis, éloignement qui lui offre l’occasion de murir un projet depuis longtemps ancré en elle. « J’ai toujours été attirée par les métiers de bouche. J’aurais adoré faire l’école hôtelière, mais je n’ai jamais osé l’avouer à mes parents », confie-t-elle. À son retour, elle délaisse le tourisme et concrétise son rêve. Elle se lance dans la pâtisserie et s’inscrit en CAP au CFA La Noue. Puis, elle suit une mention complémentaire dans le cadre d’une formation continue adulte en alternance : trois semaines en entreprise dans une pâtisserie de Dijon et une semaine de cours au CFA.

L’amour du beau et du bon

Pour Sara, la pâtisserie est un métier très gratifiant : « On fait plaisir aux gens et il est rare qu’on les mécontente ». Lucide, elle n’oublie pas pour autant les contraintes qu’il comporte, comme les horaires qui sont parfois très matinaux. « Le rythme est difficile à prendre au début. On est décalée par rapport à l’entourage, ce n’est pas toujours facile socialement », analyse-t-elle. Mais la pâtisserie reste une passion qu’elle ne regrette pas au final d’avoir choisie « pour l’amour du beau et du bon ».

Des ciseaux au rouleau

C’est un tout autre parcours qu’a suivi Alexandra Pastoret. Cette Côte-d’Orienne de vingt-huit ans a d’abord été coiffeuse, avant de se reconvertir dans la pâtisserie. Son baccalauréat économique et social en poche, elle choisit de suivre un CAP de coiffure, qu’elle enrichit d’une mention complémentaire et d’un brevet professionnel. Elle travaille ensuite quatre ans en salon de coiffure. Mais, au fil des coupes et des mises en plis, elle réalise qu’elle « ne s’y retrouve plus ». « Je n’avais plus de plaisir à côtoyer en direct les clientes et à recueillir leurs confidences », révèle l’ex-coiffeuse. Comme elle adore cuisiner et confectionne régulièrement des gâteaux en pâte à sucre, pour elle et pour d’autres, des amis lui suggèrent de se lancer. Ce qu’elle fait. Direction le CFA La Noue pour suivre un CAP en pâtisserie, puis, cette année, une mention complémentaire.

Créative et passionnée

« Dans ce métier, il est important d’être original et créatif », estime Alexandra. Sa recette préférée est le mille-feuille, une réalisation très technique au niveau du feuilletage qu’elle réactualise avec des versions pomme-cannelle ou passion. Elle aime aussi confectionner des petits gâteaux individuels où la part de décoration est importante, ce qui lui permet d’exprimer sa créativité. Une créativité d’ailleurs récompensée lors du dernier Grand Prix national de la gourmandise organisé par Dijon Congrexpo puisque, avec Sara Charlot, elle a gagné le concours Croquembouches. Une récompense qui prouve que la reconversion professionnelle est possible. « Ce prix est une revanche sur ceux qui ne croient pas en la reconversion des adultes », sourit la jeune pâtissière. Il ne l’empêche pas d’y voir clair et de savoir ce qu’elle veut faire une fois son apprentissage terminé : « travailler dans une pâtisserie à dimension humaine où l’on fait tout de A à Z, où l’on sublime les produits et les bonnes matières pour en faire de belles choses ».

Partages

Vous aimerez peut-être aussi