Pour sa carte blanche, Femmes en Bourgogne invite Charlotte Manchon du blog Pretty Blondies à parler de l’endométriose. La pétillante Dijonnaise de 21 ans souffre de cette maladie gynécologique encore méconnue, qui touche pourtant une femme sur dix en âge de procréer.  Surmonter cette « saloperie », c’est déjà la connaître.

Par Charlotte Manchon 

J’ai appris il y a un an que j’étais atteinte d’endométriose. C’est une maladie chronique, généralement récidivante, qui toucherait une femme sur dix en âge de procréer. Combien de femmes connaissez-vous ? Faites le calcul de celles qui peuvent en souffrir autour de vous. Le problème devient alors bien plus concernant…
L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Ce tissu s’épaissit au cours du cycle en vue d’une éventuelle grossesse. Si ce n’est pas le cas, il se désagrège. Les règles, quoi ! Chez certaines femmes, des cellules remontent les trompes, s’installent en dehors de l’utérus et provoquent l’endométriose. Cela peut s’étendre à l’appareil digestif, urinaire et plus rarement pulmonaire. Les symptômes et leur intensité sont très variables d’une femme à l’autre : règles douloureuses, douleurs pelviennes fréquentes, infections urinaires répétitives, douleurs pendant ou après les rapports sexuels, gènes lombaires mais aussi fatigue chronique et moral vacillant…

Des lames de rasoir

Après avoir testé en vain cinq pilules contraceptives en un an et demi et passé deux IRM pelviennes, je sais que j’ai 5 mm d’endométriose. Ce n’est pas beaucoup, mais bien assez pour être pliée en deux de douleur et avoir l’impression que des lames de rasoir font la fête dans mon ventre. J’ai cependant eu beaucoup de chance d’avoir été prise en charge rapidement par ma gynécologue. Elle essaie encore et encore de trouver la meilleure solution pour éviter la prolifération de la maladie. Grâce à cela, mon endométriose est assez légère et je n’ai pas, pour l’instant, de problème de fertilité. Cela arrive malheureusement à certaines d’entre nous. Alors je relativise. Mais cette saloperie a tendance à me gâcher de plus en plus la vie, de par les douleurs atroces qu’elle entraine car je n’ai toujours pas le bon traitement pour l’instant.

Mes astuces

Après des recherches, j’ai trouvé des astuces pour diminuer les douleurs. D’abord, j’essaie de suivre au mieux un régime anti-inflammatoire : éviter au quotidien ce qui peut être acidifiant (café, thé noir, produits laitiers, sucre, produits transformés…). Je fais de l’exercice régulièrement, je me suis mise au sport minimum deux fois par semaine et je sens que ça me fait du bien. Déjà pour réduire le stress, qui augmente les douleurs, mais aussi pour sécréter des endorphines, la morphine naturelle du corps. Cela permet de stimuler les voies de contrôle de la douleur et de détourner son attention. Quand la douleur est vraiment forte, j’essaie de marcher, même pas longtemps.
Avant tout, j’ai appris à respirer. La respiration ventrale en pleine conscience permet de moins souffrir, j’ai eu la chance de la pratiquer dans le cadre de ma formation de coaching et de préparation mentale à l’UFR Staps de Dijon. Ces techniques naturelles et la verbalisation de ces douleurs permettent de surmonter la maladie plus facilement. Le coaching m’a libérée et je suis heureuse de pouvoir à mon tour accompagner les femmes qui souffrent d’endométriose. Cela commence par des réflexes simples, comme en cas de règles douloureuses par exemple. On a trop souvent dit aux femmes que la douleur était normale. En réalité, mieux vaut être sûre et en parler à son gynécologue. Vaincre cette saloperie d’endo, c’est déjà la connaître.


Vers qui se tourner ?

Depuis 2001, l’association EndoFrance milite pour la connaissance de cette maladie qui concernerait plus d’1,5 million de Françaises, souvent démunies face aux douleurs, à l’incompréhension et au diagnostic tardif provoquant potentiellement une infertilité.
Ces rencontres amicales, tables rondes et autre conférences sont possibles grâce à une cinquantaine de bénévoles déléguées en région et plus de 1 200 adhérents. Présidée par Yasmine Candau, EndoFrance a pour marraine engagée l’actrice Laëtitia Milot, l’une des premières personnalités à évoquer publiquement son endométriose, avec la chanteuse Imany et la chroniqueuse Enora Malagré. Avant elles, la parole avait commencé à se libérer outre-Atlantique avec Hillary Clinton, Susan Sarandon ou encore Whoopi Goldberg. À noter la vitalité d’autres associations comme ENDOmind France, Mon endo ma souffrance ou Ensemble contre l’endométriose.

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