À la tête de la CCI Côte-d’Or, Delphine Still aborde les virages de la métropolisation de Dijon et la nouvelle régionalisation avec confiance. Une hauteur de vue qui pourrait bien être liée à sa première vocation, l’anthropologie politique. Elle nous en dit un peu plus dans le cadre rassurant des salons du Bar by La Cloche. Telles sont les vertus du tea time.

Propos recueillis par Dominique Bruillot / Photo : Christophe Remondière

Still, ça ne sonne pas vraiment Bourguignon…

C’est le nom d’un village alsacien… même si je n’ai jamais vécu en Alsace.

Vous venez d’où alors ?

Je suis née en banlieue parisienne. Du côté paternel, mes grands-parents étaient des pieds-noirs, du côté maternel, ils tenaient une boucherie à Pontailler-sur-Saône, ce qui me laisse quelques souvenirs de la frontière burgondo-comtoise.

Pourquoi Dijon ?

J’ai d‘abord suivi un IEP à Bordeaux. Ma venue à Dijon, où j’ai eu mes deux enfants, s’est faite pour des raisons sentimentales. Au départ, je m’intéressais à l’anthropologie politique, aux tribus africaines notamment. En trouvant
un travail à l’agence AMT, je me suis rendue compte que
cette connaissance n’était pas inutile pour évoluer dans
la communication…

Puis vient la CCI…

J’y fais mon entrée en 1997, à la direction du marketing
au côté de mon prédécesseur Patrick Ardisson. Cette alchimie entre public et privé m’a tout de suite plu. On reste un établissement public mais l’euphorie de l’organisation
d’un salon est privée par exemple.

On imagine que cela va même en s’accentuant…

Oui, on n’a plus les fonds pour faire tout, tout seul, parfois plus le temps d’en passer par les fourches caudines du secteur public qui a ses lenteurs. Je m’investis beaucoup à décloisonner les choses. Cela demande une grande attention. Aujourd’hui, tout doit être surveillé et tracé.

C’est un bel outil que cette chambre consulaire.

Bien sûr, avec une équipe qualifiée et le rôle de capitaine que je dois jouer. Cette équipe, une centaine de personnes en
tout, doit s’appuyer sur les entreprises et les collectivités.
Sans cesse il faut argumenter pour capter des investisseurs. C’est notre job.

D’aucuns disent, à la manière de De Gaulle évoquant l’OTAN, que la CCI est un « machin ».

J’entends ça tout le temps. Mais le plus important est que ceux avec qui nous travaillons sont très satisfaits. Il y a à notre endroit des a priori lourds. Nous faisons pourtant de vrais choix assumés : la mutualisation de l’exploitation de la plateforme Pagny avec la CCI de Chalon-sur-Saône ou l’externalisation de la Burgundy School of Business en sont des illustrations. Ma vision n’est pas de garder les choses à tout prix, mais de les libérer.

Quid alors des locaux historiques de la Chambre de Commerce et d’Industrie Régionale Bourgogne-Franché-Comté qui vient de vous rejoindre sur le site de la CCI ?

Nous travaillons actuellement sur le dossier de la formation continue. Un pôle d’apprentissage et de conseil en Ressources Humaines pourrait se former dans ces locaux.

Pour revenir à des choses plus basiques, vous êtes plutôt thé ou café ?

Thé toute ma vie personnelle… jusqu’à ce que je travaille dans un monde à dominante masculine, où l’on boit plus de café. Mais sur le fond, je resterai plus thé, voire infusion.

La Cloche, où nous sommes, ça représente quoi pour vous ?

Je suis justement venue avec une copine pour y prendre le thé, à l’occasion de mon anniversaire. C’est un endroit très agréable, où l’on peut aussi développer des affaires.

Les affaires, on y revient… Qu’attendre de l’avenir ? Qu’attendre du statut de métropole pour Dijon ?

Ce statut est une ambition en matière de services et de matière grise. Nous sommes capables de franchir un cap supplémentaire. Il y a une fierté entrepreneuriale à réactiver.

Donc à très bientôt Delphine… et merci pour ce moment.

Ce fut un plaisir partagé.

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