Elle est l’adjointe au maire de Dijon déléguée à l’équipement et aux travaux urbains, à la circulation et à la politique de l’âge. Derrière cette appellation à rallonge, se trouve une véritable amoureuse de la cité des ducs, réjouie de sa métamorphose et engagée sur de nombreux fronts.
Rencontre avec Dominique Martin-Gendre.

Propos recueillis par Alexis Cappellaro / Photos : Christophe Remondière

Dans son sympathique bureau, au fond du dédale ducal, il y tout ce qui l’inspire. Là une grande carte de Dijon bien sûr, ici une petite bibliothèque contenant pêle-mêle Indignez-vous d’Heissel, des biographies de Barbara, Romy Schneider ou encore Françoise Giroud, dont elle a d’ailleurs épinglé une citation aussi savoureuse que célèbre : « La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » Ce qui n’est pas arrivé, en l’occurence.
Conseillère municipale depuis quatre ans, Dominique Martin-Gendre a hérité de la délégation d’André Gervais. « Monsieur Tram » parti pour un ultime voyage en octobre dernier, François Rebsamen a trouvé la femme de la situation pour assumer les gros dossiers de l’équipement et des travaux urbains ainsi que de la circulation. Pas une mince affaire, au regard de la vitalité de la municipalité dans ce domaine. Jeune sexagénaire décomplexée, la nouvelle adjointe assume cette responsabilité avec son implication habituelle…

François Rebsamen vous a proposé ce poste d’adjointe dans un contexte particulier.

André Gervais était un personnage connu et reconnu dans sa délégation, lui succéder était une fierté en même temps qu’une belle preuve de confiance de la part de monsieur le maire. J’ai souhaité m’y investir totalement ; succéder à une telle figure dijonnaise était une obligation de réussite.

En quoi la politique de l’âge est-elle cohérente avec les responsabilités dont vous avez hérité en octobre ?

Je suis en charge de la politique de l’âge, en qualité de conseillère municipale déléguée depuis 2014. Dijon adhère au réseau Villes amies des aînées – présidé par François Rebsamen et dont je suis la suppléante dans les instances. J’ai en charge l’application de cette démarche et préside une instance municipale participative (composée de 70 membres répartis en 6 collèges) qui travaille par groupes et par thèmes. Nous avons choisi deux axes majeurs cette année : la mobilité, en phase avec ma délégation, et la tranquillité publique. L’idée est de faire réfléchir et aboutir à des opérations concrètes avec les élus, professionnels et habitants. Le tiercé gagnant ! Tout cela a un lien logique avec les problématiques de circulation et d’aménagements urbains pour tous les Dijonnais, jeunes ou âgés, sans jamais stigmatiser une catégorie.

La piétonisation autour du square des Ducs est un nouveau gros dossier sur la pile. Quelles en sont les motivations ?

L’opération s’inscrit dans le programme d’embellissement du centre-ville. Poursuivre la piétonisation du secteur sauvegardé, autour du Musée des Beaux-Arts dont les travaux se terminent en avril 2019, c’est valoriser davantage le cœur de Dijon et en particulier le palais des ducs et des États de Bourgogne. C’est aussi faciliter les balades dans les espaces apaisés et profiter des boutiques, des cafés, des restaurants… N’oublions pas que Dijon est une référence écologique en France, où l’on privilégie les modes de déplacements doux.

Les commerçants craignent plus la période de travaux que la piétonisation en elle-même. Est-ce tout compte fait un mal pour un bien ? Quel enseignement tirez-vous des dernières piétonisations en 2016 ?

Les différentes opérations réalisées ont montré qu’après une phase contraignante de travaux, la piétonisation renforçait l’attractivité et la fréquentation du centre-ville qui, je le rappelle, se porte plutôt bien à Dijon. Les commerçants des rues Piron ou Charrue et Place des Cordeliers ne vous diront pas le contraire : avant les travaux, environ 4 000 véhicules passaient chaque jour dans ces rues ! D’axes routiers bruyants et pollués, ces rues sont devenues apaisées pour les nombreux chalands qui les fréquentent. Je n’oublie pas les seniors – Dijon compte autant d’étudiants que de seniors, environ 33 000 pour chacun – qui apprécient se déplacer dans des endroits calmes.

D’autres considèrent que la voiture n’a plus droit de cité en centre-ville. Est-ce le cas ?

Toutes les mobilités ont droit au chapitre : piétons, cyclistes, automobilistes, transports en commun, navettes électriques gratuites… D’une quasi hégémonie de la voiture avant l’arrivée de François Rebsamen et son équipe en 2001, nous passons à des modes de transports plus doux, plus adaptés et respectueux pour la santé et l’environnement. Et la voiture n’est pas oubliée. Dijon compte 9 parkings souterrains – bientôt 10 avec le parking Monge – soit 3 560 places, plus de 2 400 payantes en centre-ville…

Tout cela est régulièrement saturé, avec des modalités parfois contraignantes…

Nous y pensons. 300 nouveaux horodateurs vont être installés tout prochainement. Ce nouveau matériel facilitera grandement la vie des usagers avec des facilités de paiement (carte bancaire avec ou sans contact, pièces…), plus besoin de déposer le ticket sur le tableau de bord, possibilité de recevoir des alertes et recharger à distance avec l’application PayByPhone…

Revenons à vous. Quelle est votre relation à Dijon ?

Je suis dijonnaise depuis ma plus tendre enfance. C’est ma ville, tout simplement. Je ne saurais pas dire autre chose pour définir cette relation ! Je suis née en Suisse en septembre 1957 et j’y suis arrivée début 1958 pour ne plus jamais la quitter : j’ai travaillé aux ressources humaines du CHU, habité dans plusieurs quartiers et réside aujourd’hui en plein cœur de ville. Une histoire d’amour depuis plus de 60 ans…

Quel regard portez-vous sur la ville telle que vous l’avez connue plus jeune et celle d’aujourd’hui ?

Elle s’est métamorphosée. Piétonisation, tram, réseau de bus performant et adapté, mobilier urbain, pistes cyclables, un Zénith, La Vapeur complètement rénovée… L’offre culturelle s’est d’ailleurs diversifiée de façon assez incroyable. Les exemples son nombreux. Ses commerces, bars et restaurants lui donnent une attractivité internationale quasi inexistante auparavant. Après avoir été longtemps comparée à une belle endormie, Dijon peut maintenant s’enorgueillir d’être une cité rayonnante.

Que souhaitez-vous que l’on retienne de votre mandat ?

J’ai en charge cette délégation depuis 5 mois et mon mandat se termine en avril 2020 ! J’ai encore le temps (sourires) J’aimerais laisser le souvenir d’une élue impliquée dans ses dossiers, disponible, réactive et à l’écoute des gens que je rencontre régulièrement sur le terrain, lors de mes permanences…
J’ai en charge des dossiers assez techniques ; je veux y apporter
une touche plus humaine, féminine et toujours dans un esprit
de service.

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Elle y vit depuis plus de 60 ans : l’adjointe au maire connait Dijon sur le bout des doigts et s’efforce d’en faire de même pour ses dossiers.
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