Composant librement avec sa fibre de décorateur-antiquaire, Denis Favier s’est pris au jeu : pour Femmes en Bourgogne, il chronique l’histoire d’un lieu de vie transformé par un(e) architecte d’intérieur. Le tout avec des fournisseurs en grande majorité dijonnais. Exemple pris avec cette bien jolie maison au cœur de la cité ducale, réinventée par Charlotte Pouhin.

Par Denis Favier / Photos : Christophe Remondière

C’est l’histoire d’une belle rencontre. Celle des propriétaires de cette maison et de l’agence dijonnaise Arkad, dirigée par Charlotte Pouhin. Architecte d’intérieur diplômée et maitre d’œuvre, celle-ci a su conseiller ses clients pour transformer littéralement leur maison du centre-ville. Le résultat est un havre de paix, si proche et pourtant si loin de ce brouhaha urbain. Une maison d’un autre siècle, une dépendance au fond de la cour, un autre bâtiment entre les deux, tels sont les éléments architecturaux mis à disposition d’Arkad…

Ni une ni deux, Charlotte conçoit une solution sur mesure, tout en restant à l’écoute. Ses clients lui font immédiatement confiance : ainsi, la dépendance allait-elle devenir la pièce à vivre ! La maison principale en son rez-de-chaussée et son étage abriteraient les pièces de nuit ; enfin ces deux parties allaient être reliées par une large coursive, désormais close, accueillant une cuisine fonctionnelle. Après travaux, les propriétaires bénéficient d’une maison en « u » ouverte totalement sur cette cour transformée en poumon vert…

En matière de décoration pure, si les icônes du design (Panton, Paulin, Rietveld, Le Corbusier…) sont présentes, l’architecte d’intérieur a intégré dans ce nouvel espace au sol en béton ciré, aussi bien du mobilier ancien que contemporain. Le résultat est saisissant.

 

 

Du vert, du vert, du vert… et de la couleur : des murs blancs entourent ce coin de verdure, mais le mobilier de jardin français Fermob (Une Vie de Rêve) en aluminium peint, y met un réel peps.
Noir et blanc : créée de toute pièce, la cheminée domine la pièce à vivre et se veut résolument contemporaine. Habillée de noir, elle fait écho au canapé LC2 de Le Corbusier placé juste en face, le tout séparé par une table basse laquée de blanc. Au-dessus de l’iconique chaise longue LC4 du trio Le Corbusier, Jeanneret et Perriand créée en 1928, photo du photographe dijonnais Arnaud Finistre, le tout éclairé par un luminaire Artémide chez Epokhé. Quant aux fauteuils Barcelona blanc (par Mies Van Den Rohe) et 637 Utrecht gris (par Gerrit Rietveld), ils sont mis en valeur par le contraste de l’ancien, avec une petite table chiffonnière en bois de rose d’époque Louis XV, et petit bronze Ravageot et Ravageole par Frémiet (1824-1910), le tout Patrick Damidot Antiquités.
Le visiteur est accueilli par un singe blanc (Lampe Monkey par Malerba pour Seletti chez Une Vie de Rêve) grimpant le long de ce papier peint luxuriant (Modèle Savuti de Cole & Son chez Villa Médicis). Meuble USM Haller et cactus géant en faïence (Villa Médicis Décoration).
Sur ce sol en béton ciré, une table à diner à plateau de verre reçoit autour d’elle une série de chaises blanches de Verner Panton pour Vitra en 1960 (Epokhé), et deux chaises Vintage Bertoia créées en 1952 pour Knoll. Sur un fond de mur peint en bleu nuit (peinture Ressource chez Villa Médicis), la mise en scène de Charlotte Pouhin ressort admirablement.
L’enfilade à quatre portes laquée blanc (Epokhé) se marie avec le fauteuil vert Little Tulip créé par Pierre Paulin en 1970 pour Artifort (Paula Coste Décoration) et la paire de potiches couvertes en porcelaine de Chine XIXe (Patrick Damidot Antiquités). Au mur, tableau de l’artiste parisien Pierre Fichet.
Doux mélange d’ancien et de contemporain : sur une petite commode estampillée Ellaume d’époque Louis XV (Patrick Damidot Antiquités), la lampe Souris par Seletti (Une Vie de Rêve) fait son intéressante…

Les fournisseurs

Une Vie de Rêve Dijon (2 bis rue Verrerie), USM Haller (9 rue Verrerie), Villa Médicis Décoration (9 rue Charrue), Epokhé (15 rue Verrerie), Paula Coste Décoration (5 rue Jean Renaud), Patrick Damidot Antiquités (56 rue des Forges).

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