Venue au notariat et en Bourgogne un peu par hasard, Delphine Guieu a pris son destin d’associée à bras le corps et apprécie aujourd’hui sa vie dans une petite ville paisible au bord de l’eau. Seurre ne manque pas d’âme, elle non plus.

Par Dominique Bruillot / Photo : Christophe Remondière

Rien ne prédestinait Delphine Guieu à devenir notaire en Bourgogne, sur les rives de la Saône à Seurre. « D’abord, après mes études de droit, je voulais m’orienter vers le métier de juge pour enfants », rappelle l’intéressée. Mais un cours de M. Grimaldi provoque en elle le déclic. Ensuite, pas spécialement intéressée par l’idée de s’installer à son compte, c’est son maître de stage qui l’y encourage. Quant à l’option de la Bourgogne, elle est plutôt due à son informaticien de mari, un fondu de vin. Bref, on ne choisit pas son destin, on le construit étape après étape.

Aujourd’hui, Maître Guieu ne regrette rien. Son histoire s’est déroulée le plus naturellement du monde. Lors de son passage par l’étude de Maître Thomas-Crolet à Chagny, elle rencontre ainsi Maître Jean-Gérard Bruchon avec qui elle partage un dossier : « Nous avons échangé sur la situation de son étude, il voulait une femme vis-à-vis de sa clientèle, c’est ainsi que j’ai rejoint son fils Thomas, lui-même notaire, pour poursuivre l’activité en tant qu’associée. » Dit comme ça, rien ne semble plus simple.

Proximité

Au quotidien, être associée à Seurre revient à gérer cinq salariés au service de deux notaires, dans un environnement riche de diversité, particulièrement bien situé à distances quasi égales de Beaune, Dole et Chalon-sur-Saône. Les sujets traités sont le reflet d’une société apaisée qui conçoit le droit familial dans la durée et demande une grande écoute, avec toujours un peu de patience. Ça tombe bien, car Delphine n’a « pas choisi ce métier par appât du gain. C’est le côté humain qui m’intéresse déjà, et c’est d’autant plus agréable ici, que nous avons une clientèle fidèle ». Clairement, la jeune notaire aime cette atmosphère campagnarde qui pousse les gens à vous parler de leur dernière opération chirurgicale ou de la communion du petit dernier tout en traitant leur dossier. Elle aime cet environnement qui favorise une proximité quasi familiale et vous propulse au sein d’une population qui fait de son notaire un proche parmi tous les proches.

Généraliste, une spécialité

En revanche, la spécialité locale de l’exercice c’est de ne pas avoir de spécialité. Et d’essayer d’avoir réponse à tout. « Dans les petites structures, nous sommes des généralistes », rappelle Delphine Guieu qui voit par ailleurs, dans la tendance actuelle aux fusions d’études, de bonnes raisons de mutualiser les ressources et les moyens, mais aussi « de préserver le maillage territorial ».

Il n’empêche, sous les clochers un peu isolés, les a priori ont parfois la vie dure. « Au début, les gens pensaient parfois que j’étais la belle fille de mon prédécesseur », s’amuse Maître Guieu qui, depuis, a remis l’église au milieu du village. Au terme de deux belles années de présence à Seurre, elle se sent d’ailleurs très à son aise dans son rôle. Car Seurre a une âme, et elle aussi.

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