Pour l’antenne côte-d’orienne de la Fédération Française du Bâtiment, le chantier de la solidarité est vaste. Mais les fondations sont saines, comme en témoigne sa secrétaire générale Valérie Bernard. À travers « Bâtissons équitable », la FFB21 a une devise qui lui est propre : liberté, équité, fraternité.

Propos recueillis par Alexis Cappellaro
Photo: Christophe Remondière

La FFB21 a choisi l’équité comme projet structurant. Pourquoi ce choix ? Cela nous semblait plus juste de fonder notre communication sur l’équité plutôt que la solidarité, qui est une valeur forcément induite. Le mot est malgré tout ressorti quand nous avons travaillé avec nos adhérents. Nous avons affaire à des entreprises dont la vocation est économique ; solidarité et économie sont parfois perçus comme antagonistes, ce qui n’est pas forcément le cas. 

Quels sont vos piliers ? 
Bâtir ensemble, car les entreprises ont toutes un cadre commun qui est le chantier. Bâtir dans le respect, car l’acte de construire est une chaîne avec des maillons. Chacun doit comprendre les enjeux des uns et des autres, dans un contexte économique qui ajoute de la tension. Bâtir efficace, c’est-à-dire trouver des procédures et des modes opératoires meilleurs. Enfin, bâtir demain, car le secteur évolue ; il faut faire comprendre aux jeunes l’intérêt du Bâtiment, ce choix de vie et de carrière. C’est un domaine où l’ascenseur social fonctionne encore, où tous les niveaux d’enseignement sont représentés, du CAP au diplôme d’ingénieur.

La FFB a-t-elle la prétention de tout savoir ? 
Bien sûr que non. Nous n’avons pas de baguette magique. Nos moyens humains sont limités – nous sommes cinq au siège dijonnais à travailler pour la structure – mais il existe toujours la fédération régionale voire nationale auprès de qui nous sollicitons un appui technique, fiscal, assurantiel… Puis, le chef d’entreprise est par définition autonome et indépendant. Nous veillons à lui laisser sa liberté en lui apportant des éléments utiles à une prise de décision. C’est à lui de maîtriser son destin.

Et vous n’êtes pas dans le monde des Bisounours… 
Oui, mais nous avons été agréablement surpris de la vision des adhérents. Ils avaient des attentes et les ont exprimées facilement. Certains sont plus ou moins matures dans cette démarche collective, mais tous sont amenés à se rencontrer sur un chantier en Côte-d’Or. Ce que la FFB ne voit pas toujours. Cela se fait avec plus ou moins de bienveillance et d’efficacité, mais le Bâtiment valorise naturellement les entreprises qui travaillent bien ensemble.

Il y aurait donc un sentiment d’appartenance plus puissant qu’ailleurs ?
Sans aucun doute. Il existe une grande pudeur qui fait qu’on le verbalise rarement. Cet état d’esprit est fondateur de Bâtissons équitable : le secteur est une affaire de passionnés, avec des tempéraments forts qui font de la FFB21 un groupe vivant. Être au cœur de tout ça, dans cette puissance que nous ressentons tous, c’est montrer que le Bâtiment se solidarise, avec patience et pédagogie.

Est-ce que tout le monde y a sa place ? 
C’est ce qui est très fort dans le Bâtiment. Peu importe le niveau d’accès, on a toujours une évolution possible et son rôle à jouer dans la chaîne. Il ne peut pas y avoir de maillon faible. Qu’on empile des agglos ou qu’on réfléchisse en 3D sur un écran, chacun est légitime et nécessaire pour qu’une famille ait un toit au-dessus de sa tête et puisse construire son histoire.

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