Ils sont les plus connus des saltimbanques dijonnais. Konik et P’tit Luc font bouger la région toute l’année, à travers notamment leur Sirk Festival qui se profile le 2 avril. Un sacré numéro.

Par Olivier Mouchiquel
Photo : Christophe Remondière

Ils sont les têtes de gondole dijonnaises du collectif Risk, qui démocratise depuis 2004 les musiques électroniques. Délaissant des jobs corporate en costard cravate, les deux amis ont décidé de tout donner pour faire danser leur ville. « Si je ne tente pas maintenant de faire ce qui me passionne, je ne le ferai jamais, pose en préambule P’tit Luc. Il ne faut pas attendre d’avoir un bébé pour se lancer dans un projet sans sécurité d’emploi. » Pas faux.
On peut venir en famille dans les Risk Party : « Il y en a pour tout le monde, en fouinant chacun peut trouver une esthétique sur laquelle s’amuser, danser et faire la fête. Nous défendons la house et la techno, nous ne sommes pas sur les musiques extrêmes. On aime bien le disco, la première des musiques électroniques. »

Filiation dijonnaise

Dijon fut une scène pionnière, puis l’engouement house techno s’est calmé, pas mal réprimé. « Comme le jazz ou le rock à leurs époques, tout mouvement qui débute a mauvaise presse et trente ans après on l’étudie dans les écoles. Aujourd’hui les pouvoirs publics donnent les autorisations aux organisateurs. La techno a atteint sa maturité, le public des Risk Party va de 18 à 60 ans », explique Konik. « On essaye d’apporter une dimension culturelle à la soirée, reprend son compère, en l’accompagnant d’autres pratiques artistiques. »
Cette filiation dijonnaise est conservée amoureusement, « en intégrant dans le collectif des jeunes dijonnais, pour garder cette dynamique. Tu vas retrouver des gens de Burgundy School of Business, des étudiants étrangers arrivés sur la fac… Nous essayons de nous mettre loin du monde des discothèques et de l’événementiel. Parfois nous accueillons un artiste avec machines, ordi, boîtes à rythme, synthé, console numérique et filtres. Et parfois ce sera deux bonnes vieilles platines vinyles MK2. »

La parité !

Professionnels et musiciens, P’tit Luc et Konik sont accompagnés de 70 bénévoles, DJ, secrétaire, trésorière, des gens qui travaillent dans le théâtre, dans les vignes, des fonctionnaires, des cultivateurs qui font que Risk est devenue ce qu’elle est. Parité exemplaire, au moins la moitié sont des femmes ! P’tit Luc est fier de compter parmi les membres de Risk une des premières djettes françaises, Diabless aka Lost In B, et la Dijonnaise Liz Copper. Une bio sans concession : « Digne représente de Risk, Liz Copper s’inscrit dans une démarche de reconnaissance des artistes féminines. Elle prouve à travers ses prestations live et son engagement qu’une artiste peut tout à fait tenir le devant de la scène, dans un milieu qui reste encore très masculin. » C’est dit !

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