Partir vivre à l’étranger, tel était l’objectif de Mathilde Potet. Pourtant, entre Newcastle et Barcelone, elle a compris que son ambition avait changé. Responsable marketing et communication du Stade Dijonnais, elle a trouvé sa vocation dans l’univers sportif local.

Par Julie Letourneur
Photos : Christophe Remondière

 

Les amateurs de football connaissent certainement le club de Newcastle, qui évolue en Premier League anglaise. Mathilde Potet en a pour sa part une bonne maîtrise. Alors qu’elle avait commencé par des études de droit, la jeune femme s’est vite réorientée. « Je voulais un cursus où j’aurais des facilités et la possibilité de m’expatrier avec Erasmus. Je voulais bouger de Dijon et ce programme m’ouvrait la porte. » Grâce à son appétence pour les langues, elle choisit d’intégrer une licence LEA anglais / espagnol et ne tarde pas à s’envoler pour la Northumbria University de Newcastle où elle parfait ses connaissances en langue mais aussi en communication. Après un bref retour en Bourgogne, elle retourne à Newcastle pour compléter son cursus de master commerce et affaires internationales. « Je ne me voyais pas dans le commerce mais cette filière me donnait l’opportunité de partir à l’étranger. » Elle rejoint alors le club du Newcastle United comme interprète pour les joueurs anglophones et hispanophones. « J’ai accompagné Rémy Cabella, aujourd’hui joueur de Saint-Étienne, et d’autres. » Confrontée à cet univers masculin alors qu’elle n’avait pas encore 25 ans, Mathilde Potet ne s’est pas laissée impressionner par le strass et les paillettes. « L’image bling-bling des joueurs de foot tombe dès que l’on parle avec eux. Comme j’avais le même âge qu’eux, je me moquais de leur célébrité et je les traitais comme ce qu’ils sont : le commun des mortels ! » Une attitude qu’elle a gardée avec les joueurs du Stade dijonnais qu’elle accompagne aujourd’hui et pour lesquels elle sert encore d’interprète. Qu’ils viennent d’Afrique du Sud, des îles Tonga, des Fidji ou d’Argentine, les rugbymen du club dijonnais peuvent compter sur les compétences linguistiques de la responsable marketing et communication pour les soutenir dans leur quotidien sportif et administratif.

Fixer les limites

En Angleterre ou à Dijon, au milieu de ces sportifs de haut niveau, le beau brin de fille a appris à se faire respecter et à mettre les barrières nécessaires. « J’ai eu beaucoup de chance de vivre cette première expérience au Newcastle United car cet univers reste peu accessible. Pour autant, tout n’est pas tout rose et ça a contribué à forger mon caractère. » À 27 ans, Mathilde Potet sait désormais ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Malgré le plaisir qu’elle a pris à traduire les propos des joueurs de foot pendant les conférences de presse, c’est lors son passage au Born Bike Tours à Barcelone qu’elle a compris que son avenir professionnel devait associer l’univers du sport et la communication. Depuis trois saisons au sein du club de rugby dijonnais, elle réalise son ambition. « J’ai ma mission marketing et communication mais j’utilise aussi les langues pour faire l’interprète entre le team manager et les joueurs. » La jeune femme au caractère bien trempé le reconnaît volontiers : sans sa maîtrise de l’anglais, elle n’aurait eu ni le parcours ni les occasions qui se sont présentées à elle. « L’anglais s’avère essentiel pour ne pas plafonner dans sa carrière aujourd’hui. Quand on parle bien l’anglais, on a un avantage et on s’ouvre des portes qui donnent accès à d’autres opportunités. » Cette maîtrise des langues doit être associée à une bonne connaissance de sa valeur professionnelle, surtout quand une femme choisit de faire carrière dans un monde d’hommes. « Loin des considérations physiques, connaître ses valeurs professionnelles et personnelles permet de ne pas se faire avaler par cette dimension masculine. » Mathilde Potet se réjouit d’être entourée de joueurs respectueux, prévenants et protecteurs. « Le professionnalisme mais aussi l’amitié priment et je suis fière de partager les valeurs du club : humain et ambitieux. » La communicante reprend le dessus pour rappeler que le club a su se restructurer et se donner les moyens d’avancer pour atteindre son objectif : la pro D2.

 

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