Chaque semaine, Gaëlle Grandon met en lumière un morceau de Bourgogne- Franche-Comté à travers ses paysages, son patrimoine mais aussi les hommes et les femmes qui en font battre le cœur. Avec l’émission « C’est là », sur France 3, la journaliste vit bien plus que des reportages quand on passe derrière la caméra.

Par Julie Letourneur
Photo : Christophe Remondière

« Je voulais observer et questionner le monde pour que chacun trouve sa réponse. » Le métier de journaliste s’est naturellement imposé à Gaëlle Grandon. Pour autant, en débutant sa carrière, elle n’envisageait pas de passer à l’écran avec son accent chantant tout droit venu d’Avignon. Bien que ce soit dans les colonnes de la Provence qu’elle fait ses premiers pas journalistiques en 2006, elle quitte le Sud pour intégrer l’institut de formation et de conservation du patrimoine audiovisuel à Paris. « J’ai un goût pour la presse écrite mais une attirance plus prononcée pour l’image et son esthétisme. » Après un stage chez M6, elle rejoint totalement la petite chaîne qui a bien monté, en tant que journaliste reporter rédactrice dans l’émission 100 % Mag. Après avoir fait ses premières armes pendant deux ans, elle passe ensuite chez France 5 avant que TF1 ne lui offre l’opportunité de tourner son premier long reportage. « Je m’étais fixé pour objectif de faire mon premier grand reportage à 30 ans. » Elle en a 29 quand elle suit des Français partis apprendre un métier à l’étranger. Gaëlle Grandon se réjouit d’avoir réalisé des magazines dès le début de sa carrière, imaginant des histoires, pensant aux séquences pour donner à voir la réalité qu’elle observe.

En 2016, elle s’immisce dans le patrimoine français pour France 2 au sein de l’émission « Visite privée » de Stéphan Bern. « Pour la première fois, on me demandait d’incarner les reportages en étant filmée et en étant présente sur le plateau. » La journaliste sort de l’ombre et les téléspectateurs découvrent le visage souriant de la jeune femme. En 2017, elle croise la route d’un producteur qui la met en contact avec France 3 Bourgogne-Franche-Comté. « La chaîne cherchait un concept autour du patrimoine pour le créneau de 12h55. » Gaëlle Grandon passe un casting et sa présentation fait mouche. « C’était au jardin de l’Arquebuse à Dijon, je me souviens avoir testé des activités autour du cirque. » Le concept était choisi, l’animatrice sélectionnée, l’aventure de l’émission « C’est là » pouvait commencer. En juin 2017, la journaliste tourne son premier magazine dans la vallée de la Loue pour une diffusion en septembre. « C’est là » s’installe sur France 3. « Ce magazine de découverte met en avant une région à travers des lieux mais aussi des gens qui œuvrent pour leur territoire. » À 34 ans, elle prend un plaisir non dissimulé à essayer les activités qu’elle découvre mais surtout à raconter la démarche de ceux qui croisent sa route.

« Plus que sur le sujet, je me concentre sur les personnes. On passe trois ou quatre heures avec elles et l’humain prend le dessus. »

« Je rencontre des gens attachés à leur région ou d’autres qui ont fait des paris audacieux comme changer de vie. » Chaque émission s’articule autour d’un territoire, de Sens à Besançon en passant par Dole ou Mâcon. Parfois, des thématiques prennent le dessus. Gaëlle et les cinq personnes de son équipe ont donné à voir la région à l’époque médiévale ou la place de la frite ou même du Japon en Bourgogne-Franche-Comté. « Plus que sur le sujet, je me concentre sur les personnes. On passe trois ou quatre heures avec elles et l’humain prend le dessus. » La journaliste s’évertue alors à désacraliser la caméra et la télé. Petite joie pour elle quand les gens osent prendre la parole et entrent dans le partage et la transmission de leur savoir-faire ou de leur regard. « Cette émission m’enrichit car je suis touchée par les initiatives ou les choix courageux que je vois. » Pour obtenir les 26 minutes que durent l’émission, Gaëlle Grandon sillonne chaque territoire qu’elle met à l’écran pour en ressortir quelques pépites. « Le plus difficile, c’est de faire des choix dans ce que l’on va montrer ou ce que l’on va dire car on est limité en temps. » Pourtant, chaque semaine, la trentenaire arrive à faire transpirer sa joie de vivre et le regard bienveillant qu’elle porte sur les territoires et les gens qui lui ouvrent leur porte. Sans doute aussi parce que pour elle, « ce n’est pas sérieux la télé, on s’amuse ». Serait-ce la clé du succès de cette émission qui vient de fêter sa cinquantième ?

Le dimanche à 12h55 sur France 3.

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